5 raisons pourquoi NE PAS acheter des REER pendant la « saison des REER »

C’est le début de la « saison des REER » et nous sommes déjà bombardés de publicités à la télévision, à la radio, sur internet, sur des affiches publicitaires dans le métro, etc.

Je connais plusieurs personnes de mon entourage qui s’empressent de prendre un rendez-vous à leur institution financière pour acheter des REER avant la date limite. Ils n’ont pas le temps de s’interroger si c’est le bon moment pour acheter des REER, dans quoi ils investissent, etc.

Dans cet article, je vais vous expliquer ce qu’est le REER et la « saison des REER ». Je vais aussi vous expliquer pourquoi NE PAS acheter de REER pendant la « saison des REER ».

Qu’est-ce que le REER?

Le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est un fond utilisé au Canada pour épargner au cours de sa vie professionnelle dans le but de compléter les revenus de retraite reçu par l’état (RRQ/RPC). Les cotisations versées au REER sont utilisées pour réduire votre impôt. De plus, tous les revenus accumulés dans le REER sont exempts d’impôts tant et aussi longtemps que ces fonds demeurent dans le REER.

Le REER n’est pas un produit ni un investissement. C’est un compte dans lequel vous achetez des placements. Il est possible d’y investir presque tous les types de placement : certificats de placement garanti (CPG), dépôts à terme, actions, obligations de gouvernement ou d’entreprise, fonds communs de placement, fonds négociés en bourse (FNB), etc.

Le REER peut aussi être utilisé sans impact fiscal pour l’achat d’une première maison (RAP) ou pour financer un retour aux études (REEP), pourvu que les fonds soient remboursés dans le REER dans les années suivantes.

Qu’est-ce que la « saison des REER »?

La « saison des REER » est associée au mois de février, car la date limite pour cotiser au REER pour l’année d’imposition précédente est la fin du mois de février.

En effet, vous pouvez cotiser à un REER pendant toute l’année et dans les 60 premiers jours de l’année suivante. Cela dit, vous n’êtes pas obligé de cotiser à un REER durant la « saison des REER ». Au contraire, je vous suggère de cotiser à votre REER pendant toute l’année au lieu de faire une cotisation annuelle importante.

Voici les 5 raisons pourquoi NE PAS acheter des REER pendant la « saison des REER ».

Raison 1 – Attendre d’avoir une marge de manœuvre

Si vous attendez à la date limite de cotisation REER pour déterminer si vous avez de l’argent disponible pour effectuer une cotisation, vous n’aurez probablement jamais la marge de manœuvre. Vous n’allez donc pas cotiser à votre REER. Ce sera la même chose l’année suivante et l’autre d’après. Pourquoi? Parce que vous payez les autres avant de vous payer. Vous payez le gouvernement (impôts), le banquier (hypothèque), les assurances, les biens de consommation, etc. avant même d’avoir épargné un dollar pour votre retraite.

Pourquoi ne pas vous payer en premier? Lorsque vous recevez votre chèque de paie, envoyer immédiatement un montant dans vos épargnes (ex. : REER). C’est possible de le faire avec un prélèvement automatique sur votre paie ou avec un prélèvement bancaire. Une fois que vous vous êtes payé, vous pouvez payer les autres.

Raison 2 – Risque de volatilité des marchés

Les marchés boursiers bougent tous les jours. Il y a des faibles hausses et baisses. Il y a aussi des fortes baisses, ou corrections boursières, lorsque les indices plongent de plus de 10 %. Pire encore, il y a les récessions.

Par exemple, voici les mouvements de l’indice boursier S&P 500 au cours de la dernière année :

Les marchés boursiers sont donc très volatils. Il y a beaucoup de fluctuations.

Si vous achetez d’un coup un gros montant dans votre REER aujourd’hui, qu’arrivera-t-il demain ou la semaine prochaine? Est-ce que les marchés seront en forte hausse? Ce serait excellent. Mais, les marchés pourraient s’effondrer et vous pourriez tout perdre. Personne ne peut prédire avec exactitude ces fluctuations.

Pour réduire les risques de volatilité sur les marchés financiers, il est recommandé d’acheter des petits montants régulièrement, au lieu d’un gros montant une fois par année. Vous serez moins exposé à ces fluctuations.

Raison 3 – S’endetter pour cotiser à un REER

Comme j’ai mentionné précédemment, si vous attendez à la date limite pour effectuer une cotisation REER, vous n’aurez probablement pas l’argent disponible. Vous allez soit ne pas cotiser à votre REER du tout ou sinon emprunter de l’argent.

L’emprunt est généralement fait avec un « prêt REER ». Vous devrez alors rembourser ce prêt selon le terme choisi, qui varie de quelques mois à quelques années. Mais ceux qui ne se qualifient pas pour un prêt REER vont emprunter à l’aide d’un prêt personnel, d’une marge de crédit, d’une carte de crédit (eh oui!), etc. Ces derniers vont malheureusement s’endetter pour une longue période de leur vie.

Que vous emprunter avec un prêt REER ou un autre mode de financement, c’est une dette qui s’ajoute à vos autres dettes. Vous devez être capable de la rembourser, sinon ça vous payer cher en intérêts.

Le taux d’endettement des ménages s’établit à 171 % du revenu disponible. En d’autres mots, les ménages ont 1,71 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible. De plus, environ un tiers des Québécois vivent d’une paie à l’autre.

Dans ce contexte d’endettement élevé, êtes-vous en mesure de vous endetter davantage pour faire un prêt-REER? C’est à vous de répondre à cette question…

Raison 4 – Investir dans n’importe quoi

Pendant la « saison des REER », on se fait bombarder de publicité un peu partout. Il y a aussi une pression sociale à cotiser à son REER. Les agences de marketing en profitent pour élaborer des publicités qui rappellent un sentiment d’urgence.

Ce n’est pas pour rien que plusieurs personnes s’empressent de prendre un rendez-vous à leur institution financière pour acheter des REER avant la date limite.

La plupart des gens sont pressés et manquent de temps. Ils n’ont donc pas le temps de s’interroger si c’est un bon moment pour acheter des REER, si les types d’investissements proposés (ex. : actions, obligations, fonds négociés en bourse, fonds communs de placement, certificats de placement garanti, etc.) répondent à leurs objectifs et à leur profil de risque.

Le conseiller en placement (le « vendeur de placement ») est pressé lui aussi, car il a une longue liste de clients derrière vous qui ont pris rendez-vous pour la même raison.

Bref, les gens finissent par investir dans n’importe quoi. Plusieurs se ramassent avec un CPG (certificats de pauvreté garantie) ou un fonds commun de placement avec des frais de gestion de 2,5% voire 3,0%.

C’est la banque qui s’enrichit et non l’investisseur!

Raison 5 – Investir avant de rembourser ses dettes

Les dernières statistiques montrent que les ménages ont 1,71 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible. Si vous avez des dettes de consommation ou un solde impayé sur une carte de crédit, il serait peut-être préférable de rembourser vos dettes plutôt que de cotiser à son REER.

C’est d’ailleurs ce que je suggère dans mon plan de retraite. Je pense qu’il est plus important de rembourser ses dettes plutôt que d’enrichir les autres (payer des intérêts). De plus, choisir de rembourser ses dettes au lieu de cotiser à son REER peut enlever beaucoup de pression de sur vos épaules.

C’est important de prendre le temps de réfléchir à la situation et s’assurer que les choix effectués sont les meilleurs pour votre situation. Je vous recommande de rencontrer votre conseiller financier pour discuter de vos objectifs et de stratégies pour les atteindre. Je vous rappelle que le 1er mars 2019 est la date limite pour cotiser à votre REER pour l’année d’imposition 2018.

Et vous, attendez-vous à la dernière minute pour acheter des REER? En achetez-vous pendant la « saison des REER »? Si oui, pourquoi? Sinon, pourquoi?

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Auteur : retraite101

Je suis un Québécois de 32 ans, et comme la plupart d'entre vous, je travaille de 8 h à 17 h, enfermé dans un cubicule comme un rat de laboratoire. Mais, j'ai comme objectif de prendre ma retraite à 42 ans ou avant.

3 réflexions sur « 5 raisons pourquoi NE PAS acheter des REER pendant la « saison des REER » »

  1. C’est comme s’il fallait qu’ils s’en débarrassent au plus vite, sans toutefois penser à l’impact que ça pourrait avoir sur leurs finances….

    1. Bonjour nic12343,

      C’est ce que je pense moi-aussi. La plupart des gens manquent de temps. Ils sont esclave de leur employeur et tournent dans cette roue sans fin qu’est la « rat race ». La tâche « cotiser à mes REER » fait partie de la longue liste de tâche qu’ils ont à complété avant une date limite. Ils ne prennent pas le temps de se poser des questions aussi simples que : « Est-ce que je peux cotiser au REER seulement en février? ». Ils s’empressent donc à rencontrer le « conseiller financier » de leur institution financière pour choisir un produit qui ne répond probablement pas à ses objectifs ou profil de risque. Sinon, certains vont acheter rapidement par eux-mêmes un CPG dont le rendement net de l’inflation est négatif. Ils s’en débarrassent au plus vite, comme vous l’avez mentionné.

      Au plaisir,
      R101

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