Emprunter pour cotiser au REER, est-ce une bonne stratégie?

Nous sommes au beau milieu de la « saison REER » et plusieurs me demandent s’ils doivent emprunter pour cotiser à leur Régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Mais d’abord, il est important de comprendre ce qu’est le REER. Ensuite, il est important de connaître son niveau d’endettement. Finalement, est-ce que le prêt-REER est une bonne stratégie pour votre situation?

Qu’est-ce que le REER?

Le REER n’est pas un produit. C’est un véhicule de placement qui permet de réduire l’impôt, car les cotisations réduisent le revenu imposable. Le remboursement d’impôt est calculé selon le taux marginal, soit l’impôt sur le dernier dollar gagné. Cela correspond à la tranche d’impôt la plus élevée. Si votre revenu est de 60 000 $ et que vous cotisez 5000 $ à votre REER, alors votre revenu imposable sera de 55 000 $. Vous recevrez un remboursement d’impôt qui correspond à l’impôt payé sur le dernier 5000 $ gagné.

Il est possible d’investir le REER dans plusieurs produits financiers, notamment des actions, obligations, fonds communs de placement, fonds négociés en bourse, etc. Vous devez d’abord connaître votre profil d’investisseur pour construire un portefeuille selon vos besoins et votre tolérance aux risques. Mais, souvenez-vous que le REER est un régime d’épargne-retraite, donc l’horizon de placement est très long.

La croissance et les revenus accumulés dans le REER sont exempts d’impôt. Par contre, c’est important de comprendre que l’impôt devra être payé sur les retraits. Cela dit, le taux d’imposition à la retraite est normalement inférieur au taux d’imposition pendant la vie active, car les revenus seront moins élevés).

Le plafond de cotisation à un REER correspond à 18% des revenus de l’année précédente jusqu’à concurrence de 26 010$ pour l’année 2017. Si vous n’avez pas utilisé tous vos droits de cotisations au cours des dernières années, ceux-ci s’accumulent et il sera donc possible de cotiser davantage dans le futur.

Vous pouvez cotiser à un REER pendant toute l’année et dans les 60 premiers jours de l’année suivante. Par exemple, pour l’année fiscale 2017, les cotisations admissibles au REER sont celles effectuées entre le 1er janvier 2017 et le 1er mars 2018.

Est-ce avantageux d’emprunter pour cotiser au REER?

Récemment, plusieurs personnes m’ont demandé s’il est avantageux d’emprunter pour cotiser à leur REER. Vous vous posez probablement la même question. La réponse est simple : ça dépend de votre situation financière!

Pourquoi? Emprunter pour cotiser au REER veut dire que vous empruntez aujourd’hui de l’argent pour faire une cotisation à votre REER. Vous devrez alors rembourser ce prêt au cours des prochains mois (ou prochaines années).

Le taux d’endettement des ménages a atteint un niveau record à l’automne dernier, s’établissant à 171 % du revenu disponible (source). En d’autres mots, les ménages ont 1,71 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible. Plus inquiétant encore, plus d’un tiers des Québécois vivent d’une paie à l’autre. Dans ce contexte d’endettement élevé, êtes-vous en mesure de vous endetter davantage pour faire un prêt-REER? Recevrez-vous un remboursement d’impôt (pour vous aider à rembourser votre prêt REER)? Êtes-vous en mesure d’assumer vos dettes jusqu’au moment de recevoir votre remboursement d’impôt?

Si votre niveau d’endettement est très élevé, le prêt REER n’est généralement pas pour vous. Comme je le mentionne dans mon plan de retraite (source), je suggère plutôt de rembourser vos dettes, en commençant d’abord par les mauvaises dettes, c’est-à-dire celles dont le taux d’intérêt est le plus élevé (dette de carte de crédit, prêt personnel, etc.). Si vous avez une petite marge de manœuvre, vous pouvez mettre en place un prélèvement automatique le jour de votre paie, qui sera utilisée pour cotiser à votre REER. C’est ce qu’on appelle « se payer en premier » (source).

Si votre niveau d’endettement est faible, voire nul, il y a plusieurs avantages d’emprunter pour cotiser à son REER. Tout d’abord, les taux d’intérêts sur les prêts REER sont très avantageux. Il permet aussi de disposer des droits de cotisation REER inutilisés. De plus, le remboursement d’impôt permet de rembourser une bonne partie du prêt REER.

Qu’est-ce que la « saison REER »?

Vous avez probablement entendu cette expression ou vu une publicité à cet effet. J’ai moi-même utilisé cette expression au début de cet article. Mais, qu’est-ce que la « saison REER »? La « saison REER » est associée au mois de février, car la date limite pour cotiser au REER pour l’année d’imposition précédente est la fin du mois de février.

En effet, vous pouvez cotiser à un REER pendant toute l’année et dans les 60 premiers jours de l’année suivante. Cela dit, vous n’êtes pas obligé de cotiser à un REER durant la « saison REER ». Non seulement je déteste cette expression, mais de plus, je vous suggère de cotiser à votre REER pendant toute l’année au lieu de faire une cotisation annuelle importante.

Cotiser au REER pendant toute l’année

Au lieu de cotiser à votre REER pendant la « saison REER », je vous suggère de cotiser à votre REER pendant toute l’année. Si vous attendez à la date limite de cotisation REER pour déterminer si vous avez de l’argent disponible pour effectuer une cotisation, vous n’aurez probablement pas la marge de manœuvre. Vous allez soit ne pas cotiser du tout à votre REER, ou sinon avoir recours au prêt REER.

Si vous cotisez à votre REER toute l’année, vous n’aurez pas besoin de recourir à l’endettement. Vous pouvez simplement mettre en place un prélèvement automatique sur votre paie, ou sinon à partir de compte bancaire. Vous n’allez même plus y penser.

En cotisant des petits montants régulièrement au lieu d’un gros montant une fois par année, vous réduisez les risques de volatilité sur les marchés financiers. Est-ce que le marché est actuellement à la hausse ou à la baisse? C’est moins important sur des cotisations périodiques toute l’année. Je vous recommande de rencontrer votre conseiller financier pour discuter des stratégies qui s’appliquent à votre situation personnelle.

Le REER est un investissement très important pour la retraite, surtout si vous n’avez pas accès à un fonds de pension de votre employeur. Pour ceux comme moi qui veulent atteindre l’indépendance financière jeune, il est important de maximiser ses REER chaque année. Je vous rappelle que j’ai pour objectif d’atteindre l’indépendance financière à 45 ans ou avant. Je maximise donc mes comptes enregistrés chaque année : REER (Régime enregistré d’épargne-retraite), CÉLI (Compte d’épargne libre d’impôt) et REEE (Régime enregistré d’épargne-études). Je vous invite à lire mon plan de retraite (source) pour plus d’informations.

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Auteur : retraite101

Je suis un Québécois de 32 ans, et comme la plupart d'entre vous, je travaille de 8 h à 17 h, enfermé dans un cubicule comme un rat de laboratoire. Mais, j'ai comme objectif de prendre ma retraite à 42 ans ou avant.

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