Mon enfant à 1 an et son baccalauréat est déjà payé! Comment avons-nous fait pour financer ses études?

Oui, vous avez bien lu! Mon enfant n’a qu’un an et son baccalauréat est déjà payé. C’est très important pour nous de lui donner l’opportunité de se développer et d’étudier au niveau scolaire qu’il voudra. Nous n’allons pas le forcer à faire des études universitaires, bien entendu, mais s’il le désire, il aura les moyens de le faire. Dans cet article, je vous explique comme nous avons fait. J’explique aussi pourquoi c’est encore plus important d’épargner pour les études de son enfant pour une personne qui vise la retraite précoce.

Comment avons-nous fait?

Vous vous demandez donc comment on a fait pour que le baccalauréat de notre enfant soit déjà payé bien qu’il a seulement un an. Nous avons commencé par le début, c’est-à-dire que nous avons ouvert un régime enregistré d’épargne-études (REEE) lorsqu’il avait seulement deux mois.

Pour ceux qui ne connaissent pas le REEE, c’est un compte utilisé pour épargner pour les études postsecondaires de son enfant. Les revenus accumulés sont exempts d’impôt tant qu’il demeure dans le REEE. De plus, il existe plusieurs subventions gouvernementales (SCEE, BEC, IQEE, etc.). Pour en connaitre davantage sur le REEE, je vous suggère de lire cet article.

Nous avons choisi un régime individuel et nous avons décidé de cotiser un montant de 200$ par mois dans son compte REEE, dans le but de maximiser les subventions gouvernementales.

La valeur actuelle de son REEE est de 3200$. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons donc cotisé 10 mois à 200$ (10 mois, et non 12, car nous avons ouvert son compte lorsqu’il avait deux mois), pour un total de 2000$. Nous avons reçu une subvention de 20% de la SCEE, soit 400$, ainsi qu’une subvention de 10% de l’IQEE, soit 200$, pour un total de 600$. La balance pour arriver à 3200$, soit 600$, correspond au rendement de nos investissements.

Combien aurons-nous accumulé d’argent au moment où notre enfant commencera ses études postsecondaires?

La question qui brûle vos lèvres est de savoir combien nous aurons accumulé d’argent dans le REEE de notre enfant au moment où il commencera ses études postsecondaires.

Voici deux scénarios qui devraient vous intéresser et qui, encore mieux, devraient vous convaincre d’épargner tôt pour les études de votre enfant.

Supposons que nous décidons d’arrêter de cotiser au REEE de notre enfant aujourd’hui, ce dernier vaudra 7334$ au moment où il commencera ses études postsecondaires (source). C’est pas mal, non? C’est déjà suffisant pour payer des études universitaires de premier cycle (baccalauréat) au Québec (source).

Mais, je dois avouer que ce n’est pas notre objectif. Vraiment pas! Nous visons plutôt le scénario suivant…

Supposons maintenant que nous continuons de cotiser au REEE de notre enfant au même rythme que nous le faisons actuellement, soit 200$ par mois, et que les conditions des subventions ne changent pas. Son REEE vaudra 89 778$ au moment où il commencera ses études postsecondaires. Quoi… quatre-vingt-neuf miles dollars? Eh oui!

Voici comment on devrait arriver à ce montant :

Âge Cotisation anuelle au REEE SCEE de base SCEE additionnelle BEC IQEE Cotisation annuelle totale Valeur du REEE
1 2400 480 240 3120 3 276 $
2 2400 480 240 3120 6 716 $
3 2400 480 240 3120 10 328 $
4 2400 480 240 3120 14 120 $
5 2400 480 240 3120 18 102 $
6 2400 480 240 3120 22 283 $
7 2400 480 240 3120 26 673 $
8 2400 480 240 3120 31 283 $
9 2400 480 240 3120 36 123 $
10 2400 480 240 3120 41 205 $
11 2400 480 240 3120 46 541 $
12 2400 480 240 3120 52 145 $
13 2400 480 240 3120 58 028 $
14 2400 480 240 3120 64 205 $
15 2400 480 240 3120 70 691 $
16 2400 2400 76 746 $
17 2400 2400 83 103 $
18 2400 2400 89 778 $
Total 43 200 $ 7 200 $  0 $  0 $ 3 600 $ 54 000 $

Notez que j’ai utilisé un rendement composé de 5% aux fins du calcul, ce qui est un taux de rendement conservateur considérant l’horizon de placement.

Notre objectif est non seulement d’accumuler assez d’argent pour financer les études postsecondaires de notre enfant, mais aussi pour payer les frais afférents aux études. Je ne parle pas de payer le dernier bidule technologique ou un manteau de marque à 750$. Je parle des livres ou autre matériel scolaire, du loyer (s’il va étudier à l’extérieur), de la passe de transport en commun pour se rendre au campus, etc.

Si jamais nous avons accumulé « trop » d’argent dans le REEE, nous pourrons transférer l’excédent dans notre REER (opération sans impact fiscal, à condition d’avoir l’espace requis dans le REER).

Quel est le lien de cet article avec ce blogue sur l’indépendance financière?

Maintenant, vous vous demandez pourquoi je parle du REEE de mon enfant sur un blogue d’indépendance financière et de retraite précoce. Quel est le lien avec la retraite?

Comme je l’ai mentionné précédemment, c’est très important pour nous de donner l’opportunité à notre enfant de se développer et d’étudier au niveau scolaire qu’il voudra. J’ai la conviction que tous les parents pensent de la même façon. Par contre, ce n’est pas tous les parents qui font des choix et prennent des actions spécifiques pour que ce désir se concrétise. Plusieurs vont attendre (volontairement ou non) jusqu’au moment où son enfant commencera ses études postsecondaires pour mettre de l’argent de côtés. D’autres vont payer au fur et à mesure. Même si le système scolaire québécois ne coûte pas cher, en comparaison avec les autres provinces canadiennes et avec les autres pays, ça coûte cher des études universitaires quand tu n’as pas un sou de côté. Plusieurs vont s’endetter pour payer les études de leur enfant. Imaginez les conséquences pour ceux avec deux ou trois enfants. Donc, pourquoi ne pas commencer tôt à mettre de l’argent de côté pour les études de son enfant?

Dans notre cas, nous serons retraités lorsque notre enfant commencera ses études postsecondaires. C’est donc encore plus important pour nous d’avoir accumulé l’argent nécessaire pour les études de notre enfant avant d’être à la retraite.

Sinon, nous devrons piger dans nos investissements pour payer ses études. Notre taux de retrait serait de plus de 4% et notre capital diminuerait beaucoup plus vite que prévu. Ce qui aurait pour conséquence que nous n’aurions plus assez d’argent pour financer notre retraite précoce (source). Nous devrions même retourner sur le marché du travail pour finances ses études. Ce n’est pas du tout notre objectif et c’est la raison pour laquelle nous cotisons au REEE de notre enfant depuis sa naissance.

Et vous, épargnez-vous pour les études de votre enfant (ou de vos enfants)? Que pensez-vous du REEE? Utilisez-vous un autre véhicule de placement? Si oui, pourquoi?

Laissez un commentaire...

  1. Nous avons débuté un REEE pour le plus vieux lorsqu’il avait 9 mois et à 4 mois pour le plus jeune. Je trouve important de permettre à mes enfants d’aller étudier au post secondaire si c’est ce qu’ils veulent. Mes parents l’on fait avec moi: ils ont défrayé une bonne partie de mes frais de scolarité. Par contre, ici le plan est de leur laisser les subventions et les intérêts et de récupérer les cotisations. Mon conjoint a dû arrêter de travailler avant d’avoir assez pour sa retraite, donc, une partie proviendra de se montant que nous aurons accumuler au travers du REEE. Mais comme vous le mentionnez, les études au Québec sont peu dispendieuses comparativement à ailleurs dans le Canada ou le monde. Donc avec le montant des subventions (près de 10000$) et les intérêts, nous aurons assez pour payer une bonne partie des études. Comme nous restons dans une région ou il y a plusieurs cégep et universités, ils devraient pouvoir rester à la maison. Sinon, ils pourront toujours travailler pour aller chercher ce qui leur manquera.

    Nous mettons le maximum pour aller chercher le maximum de subvention (208,33$ par mois). Avec les subventions, je ne comprends pas pourquoi autant de parents laisse de l’argent « gratuit » sur la table. C’est comme lorsque l’employeur donne un % pour la retraite et que les gens ne le prenne pas. Ils ne comptent sûrement pas comme nous. Bien entendu, ici, je parle des parents qui ont les moyens de se payer le dernier VUS, 2 voyages dans le sud et de changer leur garde-robe à chaque saison, mais qui n’ont pas les « moyens » d’avoir un REEE pour leurs enfants.

    • Effectivement, je ne comprends pas moi non plus. C’est de l’argent tellement facile à aller chercher. Les subventions de base sont très généreuses et celles pour les familles à faibles revenus le sont encore plus! J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet : « Comment une famille à faible revenu peut épargner 6000 $ pour les études de leurs enfants sans cotiser un seul sou » (http://retraite101.com/comment-une-famille-a-faible-revenu-peut-epargner-6000-pour-les-etudes-de-leurs-enfants-sans-cotiser-un-seul-sou/).

      Dans un souper avec des amis, il y a quelques mois, certains ont commencé à parler de leurs objectifs financiers… Par exemple, finir de payer mon auto d’ici 5 ans, rembourser mes cartes de crédits, etc. J’ai demandé à quelques-uns s’ils investissaient beaucoup dans les REEE pour les enfants. La plupart m’ont répondu : « Je n’ai pas les moyens pour ça ». Et c’était justement ceux qui ont deux véhicules neufs et qui font plusieurs voyages par années qui m’ont répondu cela…