Quelles sont les sources de revenus à la retraite?

Maintenant que vous me connaissez un peu plus, vous savez que j’aime les statistiques (en général), mais aussi que j’aime commenter les résultats de sondage à propos de finances personnelles.

Vous vous en doutez probablement, la planification financière de la retraite n’est pas un sujet à la mode. Pour une grande majorité de la population, la perspective de la retraite est encore très loin. D’autres pensent qu’ils ne seront pas capables de prendre leur retraite. C’est donc difficile d’encourager les gens à s’informer sur la planification de la retraite.

Les Québécois ne se sentent pas assez compétents pour planifier leur retraite

Selon un sondage réalisé par Question Retraite, un OSBL qui a pour objectif de sensibiliser les Québécois à la planification financière de la retraite, 14 % des Québécois de 25 ans et plus non-retraité ne sont pas capables de nommer une source de revenus à la retraite.

La source de revenus mentionnée le plus souvent est le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Mais seulement 55 % des répondants ont été capables de le nommer. De plus, 45 % des Québécois de 25 ans à 44 ans ne connaissent pas le montant à épargner pour être capable de maintenir le même rythme de vie à la retraite.

La plupart des Québécois ne se sentent pas assez compétents en matière de finances personnelles pour planifier eux-mêmes leur retraite. En effet, seulement 44 % des Québécois de 25 ans ou plus croient avoir les compétences. Cependant, seulement la moitié de ces derniers ont déjà consulté un conseiller financier. C’est contradictoire, n’est-ce pas?

Une autre statistique choquante (à mon avis) est que la moitié des Québécois ne se sente pas responsable de la planification de leur retraite. En effet, 39 % des Québécois pensent que c’est au gouvernement d’être responsable de leur sécurité financière à la retraite, tandis que 11 % pensent que c’est plutôt la responsabilité des employeurs.

Cet article a donc pour objectif de présenter un aperçu des diverses sources de revenus à la retraite.

Les sources de revenus à la retraite

Les sources de revenus à la retraite sont : le Régime de rentes du Québec (RRQ), la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), le Supplément de revenu garanti (SRG), les régimes privés de retraite et les épargnes personnelles.

Le Régime de rentes du Québec (RRQ) est un régime d’assurance publique et obligatoire pour les Québécois. Il assure aux Québécois un revenu de base à la retraite. Le régime est financé par les travailleurs de 18 ans et plus qui ont des revenus supérieurs à 3500 $ par année. Le maximum des gains admissibles pour la RRQ est de 55 900 $ pour l’année 2018. La cotisation versée à la RRQ est 10,8 % de vos revenus, jusqu’à une cotisation maximale de 5 659,20 $ ((55 900 – 3 500) x 10,8 / 100 = 5 659,20 $). Pour les travailleurs salariés, les cotisations versées à la RRQ sont divisées en part égale avec leur employeur. Les travailleurs autonomes, quant à eux, assument la totalité des cotisations. Pour bénéficier de la rente de retraite, vous devez avoir cotisé à la RRQ. Le montant de la rente de retraite dépend de l’âge auquel vous demandez votre rente de retraite (60 ans, 65 ans, 70 ans, etc.), le nombre d’années que vous avez cotisé au régime et le montant de vos cotisations au régime. Pour plus d’information sur la RRQ, consultez le site de Retraite Québec (source).

La pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) est une prestation versée à tous les Canadiens de 65 ans et plus. Elle assure un revenu minimal aux personnes âgées, même si ces derniers n’ont pas travaillé. Ce programme est financé par les impôts des contribuables. Le montant de la prestation est déterminé selon le nombre d’années de résidence au Canada. Elle est indexée au coût de la vie et elle est imposable.

Le Supplément de revenu garanti (SRG) s’ajoute à la PSV. Elle est offerte aux Canadiens de 65 ans et plus à faible revenu. Contrairement à la PSV, le SRG n’est pas imposable. Le montant de la prestation est déterminé selon les revenus et l’état matrimonial. Pour plus d’information sur la PSV et sur le SRG, consultez le site du gouvernement du Canada (source).

La RRQ et la PSV ne sont généralement pas suffisants pour maintenir le même rythme de vie à la retraite. Les régimes privés de retraite et les épargnes personnelles sont donc nécessaires pour compléter les revenus provenant des régimes publics.

Les régimes privés de retraite comprennent notamment les régimes complémentaires de retraite (RCR), le régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) et le REER collectif.

  • Un régime complémentaire de retraite (RCR) est un régime offert par un employeur où ce dernier cotise pour assurer un revenu de retraite à ces employés. C’est ce qu’on appelle généralement un « Fonds de pension ». Les principaux RCR sont le régime à prestations déterminées et le régime à cotisation déterminée. Dans le cas d’un régime à prestations déterminées, le montant de la rente versé à la retraite est connu à l’avance. Dans le cas d’un régime à cotisation déterminée, le montant des cotisations versé au régime de retraite est connu, mais pas le montant de la rente de retraite.
  • Le régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) est un régime d’épargne-retraite collectif offert par un employeur et administré par un administrateur autorisé par Retraite Québec et par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il vise les travailleurs salariés qui n’ont pas accès à un régime d’épargne-retraite collectif. L’employeur n’est pas obligé de cotiser au régime. Le RVER est aussi accessible aux travailleurs autonomes. Pour plus d’information sur le RVER, consultez le site de Retraite Québec (source).
  • Le REER collectif est un regroupement de REER individuels. Les cotisations sont des prélèvements sur la paie des travailleurs. L’employeur cotise généralement lui aussi une partie, selon les conditions du régime. C’est justement le régime de privé qui est offert par mon employeur. Dans mon cas, je peux cotiser jusqu’à 6 % de mon salaire brut dans le REER collectif. Mon employeur égale nos cotisations (cotisation de contrepartie). En d’autres mots, pour chaque dollar que je verse dans le régime, mon employeur verse lui aussi un dollar.

Les épargnes personnelles sont des placements enregistrés, des placements non enregistrés, des investissements en immobilier, etc. Ils sont eux aussi utilisés à la retraire pour compléter les revenus provenant des régimes publics. Les placements enregistrés sont le REER, le RVER et le CELI. Les placements non enregistrés sont notamment des titres de liquidité, des titres à revenu fixe (CPG, obligations, etc.) et des titres de croissance (actions, fonds indiciels, etc.).

Conclusion

Même si la retraite est encore loin pour vous, il est important de s’informer et de commencer à la planifier le plus tôt possible. Vous connaissez maintenant les diverses sources de revenus à la retraite. La prochaine étape sera de savoir combien épargner pour la retraite (ce sera le sujet d’un de mes prochains articles). Je vous invite à poursuivre vos lectures et aussi à consulter un conseilleur financier pour vous aider à planifier votre retraite.

Connaissez-vous le montant à épargner pour être capable de prendre votre retraite et de maintenir le même niveau de vie?

Vous sentez-vous assez compétents en matière de finances personnelles pour planifier vous-mêmes votre retraite?

13 comments

  1. Un bon résumé R101!

    J’avoue que je n’ai jamais calculé les allocations gouvernementales dans mes projections de retraite. Pour moi, c’est un bonus. Reste que c’est important de comprendre tout ça.

    Cet article devrait être bon pour le SEO. Les gens me posent souvent cette question.

    À plus!

    1. Bonjour Le jeune retraité,

      Moi aussi je ne calcule pas les prestations gouvernementales dans mes calculs de retraite. Cela dit, j’ai déjà eu une discussion avec Mr Jack (inficafe.com) il y a quelques mois à propos d’inclure la RRQ dans les calculs de retraite. Il avait même créé un calculateur sur son blogue pour estimer la RRQ et la PSV. Je vais possiblement ajouter ces chiffres dans mes calculs, mais tout comme toi, je vois cela plutôt comme un bonus ou une protection supplémentaire.

      Effectivement, cet article devrait être bon pour le SEO. Ce sont des questions que presque tout le monde se posent et j’espère pouvoir en aider plusieurs…

      Au plaisir.
      Retraite101

  2. Non, je ne me sens pas encore assez compétante pour planifier moi-même ma retraite. Je suis encore en phase d’apprentissage et outres les blogues que je lis, je n’ai pas de gens avec qui discuter du tout. Je suis auditive donc j’apprends plus en discutant de vive voix. Par contre, j’ai déjà été voir un planificateur financier.

    Je ne connais pas non plus le montant que je devrais mettre de côté pour notre retraite. Par contre, je tente de minimiser mes dépenses et d’économiser la différence. J’ai 2 enfants en bas âge pour lequel je maximise le Reee à chaque année. Mon chum a été blessé au travail et ne peut pas exercer son métier et il n’avait pas préparer sa retraite. Ouch! Nous étions entrain de mettre des dollards de côté dans un reer pour combler une partie de son manque, mais nous avons manqué de temps dû à son arrêt. Je me contente donc pour le moment, de minimiser les dépenses et de mettre la différence de côté.

    1. Bonjour Kimber,

      Il n’y a pas de mal à avouer de ne pas avoir certaine(s) compétence(s). Au contraire, tu apprends continuellement sur le sujet en lisant des blogues et en allant consulter un planificateur financier. C’est exactement ce qu’il faut faire. II y a plusieurs compétences que je n’ai pas et dont je vais chercher de l’aide. Les finances personnelles et la planification de la retraite ne sont pas des éléments à prendre à la légère.

      Concernant le montant à mettre de côté pour la retraite, c’est justement le dernier article que j’ai écrit – il sera publié dans les prochaines semaines. Vous faites bien de minimiser les dépenses et d’augmenter votre taux d’épargne. Pour le REEE, je pense qu’il n’y a pas de meilleur investissement pour les jeunes familles, du moins pour l’instant. Les subventions gouvernementales sont très généreuses et on serait « fou » de ne pas en profiter.

      Au plaisir de discuter avec vous.
      Retraite101

  3. C’est exactement ce que j’ai dit à mon conjoint pour les REEE. Un 30% assuré de fait! De plus, au faible coût des études au Québec, nous pourrons nous permettre de ne donner que les intérêts et les subventions aux enfants et récupérer la mise de fond pour mon conjoint. Nous arrivons donc, tout de même, à mettre de l’argent de côté pour la retraite. Heureusement pour moi, j’ai un conjoint qui n’est pas trop dépensier et qui peut faire beaucoup avec ses mains, malgré sa blessure. Cela permet d’économiser de l’argent et d’assurer les besoins de base de la famille. De plus, mes enfants apprennent à réparer avant de jeter et racheter et ils apprennent qu’acheter usagé, ce n’est pas honteux, mais salvateur pour le compte en banque et l’environnement.

    Par contre, j’ai déjà regardé combien de RRQ mon conjoint aura le droit de recevoir lorsque le moment sera venu et cela m’a permis de me calmer et de respirer un peu: il n’est pas complètement tout nu :-). Ce n’est pas assez, mais c’est un départ correct. Avec ce que j’aurai à ma propre retraite, plus les reer que nous avons eu le temps de cumuler et la maison qui sera payer dans 24 ans, nous allons en avoir assez pour vivre comme nous le faisons aujourd’hui. De plus, nous avons un jardin qui nous permet de couper un peu dans l’épicerie l’été et fabriquons beaucoup de produits de soins corporels. De cette façon, cette catégorie est bien minimisée et je sais ce qui va sur notre peau.

    1. Effectivement, avoir un conjoint avec les mêmes objectifs aide beaucoup dans le parcours vers l’indépendance financière. Ma femme aussi n’est pas une dépensière. En fait, elle a toujours été moins dépensière que moi… Et c’est grâce à elle si j’ai arrêté d’acheter des objets inutiles à mon bonheur.

      C’est bien d’avoir montré à vos enfants que c’est possible de réparer au lieu de jeter et de racheter du neuf. C’est bien qu’ils aient appris à acheter usagé avant d’acheter neuf. C’est quelque chose que j’ai appris tard dans ma vie. Non seulement c’est bon pour l’environnement, mais c’est aussi très bon pour le portefeuille. Nous économisons beaucoup a acheter des objets usagés à ceux qui achètent toujours en neuf 🙂

      Nous avons nous-aussi un jardin. Nous n’avons jamais calculé si nous économisons réellement, et si oui, combien. Mais au moins, nous contrôlons ce qu’il y a dans notre assiette, ce qui est un gros plus.

  4. J’ai fait l’exercice avec une planificatrice financière car je ne me sentais pas les compétences pour le faire et j’ai été surprise d’apprendre que je pouvais me permettre de cesser de travailler devant un écran 7-8 heures par jour. J’ai donc fait le grand saut dans le vide il y a un an et je m’en porte à merveille car les dernières années enfermée dans un bureau ont été un vrai calvaire. Il faut dire que mon rythme de vie est très frugal car sinon, ça n’aurait pas été possible. Je travaillais pour ma paie et j’ai donc économisé encore plus en gardant en tête mon but de cesser de perdre ma vie à la gagner.

    J’ai passé mon premier hiver entier au Mexique et j’y retourne l’hiver prochain. J’y fais du bénévolat pour différences causes et je marche pieds nus dans le sable au lieu de pelleter de la neige, je joue au volley sur la plage, j’ai noué de belles amitiés et je me suis développé un beau réseau social. De retour au Québec pour 6 mois, j’ai trouvé un boulot d’été (à temps partiel, quand même ;o) comme surveillante au parc de la Plage-Jacques-Cartier à Québec. Moi qui adore marcher, je suis payée pour le faire, et ceci dans un environnement enchanteur avec des points de vue à couper le souffle… et je ne travaille plus seulement pour ma paie mais par plaisir.

    C’est ça, la liberté!

    1. Votre parcours est très intéressant. C’est souvent l’inverse qui arrive… J’entends tellement d’histoires de gens sont allés rencontrer un conseiller financier et qui se sont fait expliquer qu’ils sont encore très loin de pouvoir prendre leur retraite. Ça devait être un moment très excitant pour vous! J’aurais moi-aussi quitté mon emploi immédiatement, quitte à continuer de travailler dans un autre emploi, mais pour le plaisir!

      Est-ce que cela a été un choc pour votre entourage quand vous avez arrêté de travailler du jour au lendemain et que vous allez passer vos hivers au Mexique? Quels genres de commentaires avez-vous reçu?

  5. Effectivement, j’étais très excitée de savoir que je pouvais me permettre de quitter la rat race. Des commentaires et des questions, j’en ai eu et j’en ai de toutes les couleurs. En voici quelques exemples: tu vas dépenser toutes tes économies, tu ne contribueras plus à la société, tu es trop jeune pour ta retraite, tu ne retireras pas beaucoup de pension de vieillesse si tu arrêtes de contribuer maintenant, tu vas t’ennuyer car tu vas être la seule à ne pas travailler, tu as sûrement reçu un héritage, c’est bien beau le sud l’hiver mais que vas-tu faire de tes étés au Québec (plusieurs m’ont fait suivre des annonces de recrutement ;o), que vas-tu faire si jamais l’économie va mal et que tu perds de l’argent sur tes placements, et si tu tombes malade, et si, et si… Ça, c’est la peur d’avoir peur que les gens projettent sur les autres (le Jeune retraité en a déjà parlé), c’est leur propre insécurité. Pourtant, je suis plus sûre de moi que jamais et je suis rendue exactement là où je voulais être mais ça, c’est difficile à comprendre pour plusieurs car normalement, on doit suivre le troupeau… c’est bien plus amusant d’être un mouton noir ;o) J’ai été impliquée dans plus de projets depuis un an que durant les dix dernières années et la beauté de la chose, c’est que quand on a la liberté financière, on peut les choisir.

    1. Oh wow, c’est beaucoup de commentaires désagréables. J’espère que ces commentaires ne vous ont pas fait douter et ne vous ont pas affectés personnellement. J’imagine qu’il faut prendre ses commentaires en « riant », mais à force de les entendre, ça peut être difficile. Oui, « la peur d’avoir peur ». Je me souviens de cet article sur le blogue du jeune retraité. C’est ce qui retient beaucoup de gens à travailler beaucoup plus longtemps que ce qu’ils auraient réellement besoin…

      1. C’est sûr que parfois, les commentaires désobligeants peuvent nous faire douter car on se demande si on est « normal ». Car ce qui est normal, pour la majorité, c’est de faire partie du troupeau, de travailler des heures de fou pour avoir la maison, le cabanon, la pension, et de se payer UNE semaine dans le sud l’hiver pour 1 500$. La morale? Je préfère ne pas être normale et je m’en porte très bien! Ne doute surtout pas, jamais!

    2. Bonjour Gabrielle,

      Tu as tellement raison sur le fait d’avoir beaucoup plus de proposition de projet car tu es autonome financièrement, cela se sent, c’est dans la nature humaine de vouloir ce qui est difficile d’avoir et quand on rencontre quelqu’un qui est autonome, ça nous attire, étant autonome financièrement depuis quelques années, j’ai eu beaucoup plus de succès en affaire quand je pouvais me permettre de choisi mes clients ou mes contrats, j’ai remarqué que c’etait Très déroutant pour la personne qui negociait devant moi. Comme on dit, c’est avec de l’argent qu’on fait de l’argent comme c’est avec de l’autonomie financière qu’on deviens encore plus autonome…
      bonne continuité, je remarque que tu es très présente sur les blogue sur le sujet et j’aime beaucoup ton opinion.

      Au plaisir,

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