Assurance invalidité : combien de couverture faut-il?

Assurance invalidité : combien de couverture faut-il?
Le montant d'assurance invalidité nécessaire dépend notamment de vos dépenses, de vos revenus et de vos protections existantes.

Si une maladie ou une blessure vous empêchait de travailler pendant plusieurs mois ou plusieurs années, pourriez-vous continuer à payer vos dépenses?

C’est précisément le rôle de l’assurance invalidité : remplacer une partie de votre revenu lorsque vous êtes incapable de travailler.

Mais combien de couverture faut-il réellement? On entend souvent parler de 60 %, 70 % ou même 85 % du salaire. Ces pourcentages peuvent servir de repères, mais ils ne répondent pas à la question la plus importante.

De combien auriez-vous réellement besoin chaque mois si votre revenu de travail disparaissait?

Voyons comment estimer ce montant.

À quoi sert l’assurance invalidité?

L’assurance invalidité vise à remplacer une partie de votre revenu si une maladie ou une blessure vous empêche de travailler.

Contrairement à l’assurance vie, elle vous protège financièrement pendant que vous êtes vivant.

La distinction est importante :

  • L’assurance vie protège principalement vos proches financièrement après votre décès;
  • L’assurance invalidité protège votre revenu si vous ne pouvez plus travailler.

Selon le contrat, les prestations peuvent être versées pendant quelques mois, plusieurs années ou jusqu’à un âge déterminé.

Pour approfondir l’assurance vie, consultez mon article De combien d’assurance vie ai-je besoin?

Combien de couverture faut-il?

Il n’existe pas un montant universel qui convient à tout le monde. Une façon simple d’estimer votre besoin consiste à partir de vos dépenses plutôt que de votre salaire :

Dépenses mensuelles à couvrir – autres revenus disponibles = besoin mensuel à protéger

Commencez donc par déterminer combien il vous faudrait chaque mois pour maintenir votre situation financière. Pensez notamment :

  • Au logement;
  • À l’épicerie;
  • Au transport;
  • Aux assurances;
  • Aux dettes;
  • Aux dépenses liées aux enfants;
  • Aux autres dépenses essentielles;
  • À l’épargne que vous souhaitez continuer.

Soustrayez ensuite les revenus qui continueraient d’être disponibles pendant votre invalidité.

Cette méthode donne une première estimation du revenu mensuel que vous devriez chercher à protéger.

Exemple de calcul

Prenons l’exemple fictif d’une famille dont l’un des parents devient incapable de travailler.

Besoins mensuelsMontant
Logement1 800 $
Épicerie et dépenses courantes1 200 $
Transport500 $
Dettes300 $
Épargne500 $
Autres dépenses700 $
Total5 000 $
Autres revenus disponibles-1 000 $
Besoin mensuel estimé4 000 $

Dans cet exemple, le besoin à protéger serait donc d’environ 4 000 $ par mois.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’une assurance offrira exactement ce montant. Les assureurs limitent généralement les prestations en fonction du revenu et des autres protections disponibles.

L’objectif de l’exercice est plutôt de connaître votre besoin avant de comparer les protections.

Faut-il remplacer 100 % du salaire?

Généralement, non. Selon l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC), l’assurance invalidité remplace généralement entre 60 % et 85 % du revenu, jusqu’à concurrence d’un montant maximal.

Les régimes d’assurance invalidité de longue durée remplacent souvent environ 60 % à 70 % du revenu normal.

Pourquoi ne pas remplacer 100 % du salaire? Entre autres parce que le montant dont vous avez besoin pendant une invalidité peut être différent de votre salaire brut habituel.

La fiscalité des prestations entre également en jeu. Si vous payez vous-même la totalité des primes d’assurance invalidité, les prestations sont généralement libres d’impôt. Si votre employeur paie une partie ou la totalité des primes, les prestations peuvent être imposables.

Ainsi, une prestation représentant 60 % ou 70 % du salaire brut peut parfois représenter une proportion beaucoup plus élevée du revenu net habituel.

Il faut donc vérifier le montant réellement disponible après impôt, et non seulement le pourcentage indiqué dans le contrat.

Vérifiez votre assurance collective

Avant de souscrire une assurance invalidité individuelle, vérifiez d’abord les protections que vous possédez déjà.

De nombreux employeurs offrent une assurance invalidité dans leur régime d’assurance collective. Regardez notamment :

  • Le pourcentage du revenu couvert;
  • Le montant maximal de la prestation;
  • Le délai de carence;
  • La durée maximale des prestations;
  • La définition d’invalidité;
  • La couverture de courte et de longue durée;
  • L’imposition éventuelle des prestations;
  • La coordination avec les autres régimes.

Une assurance collective peut déjà couvrir une partie importante de vos besoins.

À l’inverse, si cette protection est insuffisante, une assurance invalidité individuelle peut servir de complément.

Le délai de carence compte aussi

Le montant mensuel n’est pas le seul élément à considérer. Le délai de carence correspond à la période entre le début de l’invalidité et le début du versement des prestations.

Pendant cette période, vous devez financer vous-même vos dépenses ou utiliser d’autres sources de revenus. Votre fonds d’urgence devient donc particulièrement important.

Par exemple, une personne disposant de plusieurs mois de dépenses en liquidités pourrait être capable d’absorber un délai de carence plus long. À l’inverse, une personne ayant peu de liquidités pourrait avoir davantage besoin d’une protection qui commence rapidement.

Un délai de carence plus long peut aussi réduire le coût de l’assurance.

Il faut donc regarder le fonds d’urgence et l’assurance invalidité comme deux protections complémentaires plutôt que complètement indépendantes.

Pendant combien de temps?

Une prestation de 4 000 $ par mois pendant deux ans n’offre évidemment pas la même protection qu’une prestation de 4 000 $ versée jusqu’à 65 ans.

L’assurance invalidité peut être de courte ou de longue durée.

  • L’assurance de courte durée vise généralement les invalidités temporaires.
  • L’assurance de longue durée prend généralement le relais lorsque les protections de courte durée, les congés de maladie ou certaines autres prestations prennent fin.

Selon le contrat, les prestations de longue durée peuvent être versées pendant deux ans, cinq ans ou jusqu’à un âge déterminé, par exemple 65 ans.

La durée maximale des prestations peut donc être aussi importante que leur montant mensuel.

Vérifiez la définition d’invalidité

Deux contrats offrant exactement la même prestation mensuelle peuvent fournir des protections très différentes.

Pourquoi? Parce que la définition du mot invalidité peut varier d’un contrat à l’autre.

Un contrat peut vous considérer comme invalide lorsque vous êtes incapable d’exercer votre propre emploi. Un autre peut exiger que vous soyez incapable d’occuper tout emploi pour lequel vous êtes raisonnablement qualifié.

Certains contrats utilisent même une première définition pendant une période déterminée, puis une définition plus restrictive par la suite.

Imaginez une personne qui ne peut plus exercer son métier habituel en raison d’une blessure, mais qui pourrait effectuer un autre travail. Selon la définition prévue au contrat, elle pourrait recevoir des prestations ou ne pas y avoir droit.

Le montant de la prestation ne suffit donc pas pour juger de la qualité d’une assurance invalidité. Il faut également vérifier les conditions permettant d’être reconnu comme invalide, ainsi que les exclusions du contrat.

Et les régimes publics?

Selon la cause et la nature de l’invalidité, différentes protections publiques peuvent également intervenir. Par exemple :

Il ne faut toutefois pas simplement additionner toutes ces prestations à votre assurance privée. Les contrats d’assurance invalidité prévoient souvent une coordination des prestations.

Ainsi, les sommes versées par un assureur peuvent être réduites lorsque vous recevez des prestations provenant d’une autre source. Vérifiez donc comment votre contrat traite les autres revenus et régimes d’indemnisation.

Et si j’ai beaucoup d’épargne?

Plus vous avez d’actifs et de liquidités, plus votre capacité à absorber une perte temporaire de revenu augmente.

Un fonds d’urgence important peut notamment vous permettre d’assumer un délai de carence plus long. Mais une invalidité de longue durée pose un problème différent.

Il est relativement réaliste de conserver suffisamment de liquidités pour couvrir plusieurs mois de dépenses. Il est beaucoup plus difficile de s’autoassurer contre une perte de revenu qui pourrait durer 10, 20 ou 30 ans.

Prenons un besoin de 4 000 $ par mois. Cela représente :

  • 48 000 $ pour une année;
  • 240 000 $ pour cinq ans;
  • 480 000 $ pour dix ans.

Et ces montants ne tiennent même pas compte de l’inflation ni du rendement potentiel des placements.

L’épargne peut donc réduire certains besoins d’assurance, mais elle ne remplace pas automatiquement une protection contre une invalidité prolongée.

Et pour les travailleurs autonomes?

L’assurance invalidité peut être particulièrement importante pour un travailleur autonome qui ne bénéficie pas d’une assurance collective offerte par un employeur.

Il faut alors déterminer combien de revenu personnel devrait être remplacé en cas d’invalidité.

Il peut également y avoir des dépenses professionnelles qui continueraient même si vous étiez incapable de travailler. Par exemple :

  • Le loyer d’un local;
  • Certains salaires;
  • Des intérêts;
  • Des taxes;
  • D’autres frais fixes de l’entreprise.

Il existe notamment des protections visant les frais généraux d’entreprise. Il s’agit toutefois d’un besoin distinct du remplacement de votre revenu personnel.

Comparer les assurances invalidité

Une fois votre besoin estimé, vous pouvez comparer les protections disponibles.

Ne regardez pas uniquement le prix de la prime. Comparez également :

  • Le montant mensuel de la prestation;
  • Le délai de carence;
  • La durée maximale des prestations;
  • La définition d’invalidité;
  • Les exclusions;
  • L’imposition éventuelle des prestations;
  • La coordination avec les autres régimes;
  • Les protections facultatives.

Une assurance moins chère peut offrir une protection beaucoup plus limitée. À l’inverse, il n’est pas nécessairement utile de payer pour des protections dont vous n’avez pas besoin.

→ Comparer les assurances invalidité*

Conclusion

Il n’existe pas un pourcentage universel de salaire qui détermine automatiquement la bonne couverture d’assurance invalidité.

Les pourcentages de 60 %, 70 % ou 85 % peuvent servir de repères, mais votre situation financière demeure plus importante. Commencez par cette équation :

Dépenses mensuelles à couvrir – autres revenus disponibles = besoin mensuel à protéger

Vérifiez ensuite votre assurance collective, la fiscalité des prestations, le délai de carence, la durée de la protection et la définition d’invalidité.

L’objectif n’est pas nécessairement de remplacer chaque dollar de salaire. Il est surtout de pouvoir continuer à respecter vos obligations financières si votre capacité à travailler disparaît.

🔎 Comparer les assurances invalidité*

FAQ – Assurance invalidité

Combien d’assurance invalidité faut-il?

Le montant dépend de vos dépenses, de vos autres revenus et de vos protections existantes. Commencez par estimer vos dépenses mensuelles à couvrir, puis soustrayez les revenus qui demeureraient disponibles pendant votre invalidité.

Quel pourcentage du salaire couvre l’assurance invalidité?

Selon l’ACFC, l’assurance invalidité remplace généralement entre 60 % et 85 % du revenu. Les régimes de longue durée remplacent souvent environ 60 % à 70 % du revenu normal. Les modalités varient toutefois selon les contrats.

Les prestations d’assurance invalidité sont-elles imposables?

Cela dépend notamment de la façon dont les primes ont été payées. Lorsque vous payez vous-même la totalité des primes, les prestations sont généralement libres d’impôt. Si l’employeur paie une partie ou la totalité des primes, les prestations peuvent être imposables.

Ai-je besoin d’une assurance individuelle si j’ai une assurance collective?

Pas nécessairement. Commencez par vérifier votre protection collective. Une assurance individuelle peut toutefois servir à compléter une couverture insuffisante.

Quel délai de carence choisir?

Cela dépend notamment de vos liquidités, de vos congés de maladie et de vos autres protections. Un fonds d’urgence important peut permettre d’assumer un délai de carence plus long.

Combien de temps les prestations peuvent-elles être versées?

Cela varie selon le contrat. Certaines protections de longue durée versent des prestations pendant quelques années, tandis que d’autres peuvent les verser jusqu’à un âge déterminé, comme 65 ans.

Un travailleur autonome devrait-il avoir une assurance invalidité?

Un travailleur autonome qui ne bénéficie pas d’une assurance collective peut avoir un besoin important de protection du revenu. Le montant approprié dépend toutefois de ses dépenses, de ses actifs et de ses autres sources de revenus.

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Publié le
Catégorisé comme Assurances

Par Retraite 101

Je suis le fondateur de Retraite101.com, un site que j’ai créé pour aider les Québécoises et Québécois à prendre leurs finances personnelles en main. Aujourd'hui, Retraite101 rejoint plus de 350 000 visiteurs chaque année et compte plus de 50 000 abonnés sur les réseaux sociaux.

1 commentaire

  1. À mon avis, l’assurance invalidité est l’une des protections les plus importantes pendant la phase d’accumulation du patrimoine, particulièrement lorsqu’on a une hypothèque, de jeunes enfants et des dépenses importantes.

    Pendant ma carrière de salarié, je bénéficiais d’une excellente assurance invalidité collective, autant de courte durée que de longue durée. Sans cette protection, j’aurais sérieusement envisagé de souscrire une assurance individuelle, possiblement avant même l’assurance vie, ou en complément de celle-ci, selon mes besoins.

    Pourquoi? Parce qu’une invalidité prolongée peut compromettre non seulement le revenu familial, mais aussi toute une stratégie d’épargne et d’investissement.

    Évidemment, les besoins évoluent avec le temps. Plus on accumule d’actifs et plus on se rapproche de l’indépendance financière, plus l’autoassurance devient envisageable.

    Bref, je pense que l’assurance invalidité est une protection souvent sous-estimée, surtout en début et en milieu de parcours financier.

    Et vous, bénéficiez-vous d’une assurance invalidité collective ou individuelle? Avez-vous déjà vérifié ce qu’elle couvre réellement?

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