Comment j’ai réussi à épargner 51% de mon revenu net en 2018?

Nous sommes rendus en fin d’année et c’est le moment idéal pour faire une analyse de l’évolution de mes finances personnelles au cours des 12 derniers mois. Vous savez que je suis une personne qui adore les fichiers Excel et qui aime suivre des indicateurs financiers régulièrement. Oui, c’est bien moi 🙂

Dans mon fichier Excel, je vois d’abord mon budget (revenus vs dépenses). Ensuite, je peux suivre l’évolution de mon avoir net (actifs vs dettes), de mes cotisations à mon régime de retraite (REER collectif offert par mon employeur) et du remboursement en capital sur l’hypothèque (ma part). Finalement, je peux suivre l’évolution de mon portefeuille net (portefeuille – hypothèque – dettes) et de mon taux d’épargne.

Comment calculer le taux d’épargne?

Il est important de comprendre qu’il y a plusieurs formules pour calculer le taux d’épargne. Le plus important n’est pas le montant que vous avez épargné ou la formule utilisée. Le plus important est de toujours utiliser la même formule et de voir l’évolution du taux d’épargne au fil du temps des mois et des années.

Dans mon cas, j’utilise une formule assez classique dans la littérature financière. C’est une formule qui a été très bien expliquée récemment sur le blog « Les ingénieux » (source). Je vous invite à aller lire son article. La seule différence est que j’inclus ma part du capital remboursé sur l’hypothèque.

La formule est Te = (E + P + C + H) ÷ (R + P + C).

  • Te : Taux d’épargne.
  • E : Épargne (REER, CELI, compte non enregistré, capital sur le REEE) achetée le revenu net (n’inclue pas le régime de retraite de l’employeur).
  • P : Pension ou contributions de l’employeur au régime de retraite (REER ou autre) – inclus au numérateur et dénominateur.
  • C : Cotisations au régime de retraite – inclus au numérateur et dénominateur.
  • H : Capital remboursé sur l’hypothèque.
  • R : Revenus nets, soit le montant déposé dans votre compte de banque après toutes les déductions (impôts, cotisations au régime de retraite, assurance emploi, assurances collectives, RQAP, RRQ, etc.).

Quel est mon taux d’épargne pour l’année 2018?

En utilisant la formule expliquée précédemment, mon taux d’épargne pour l’année 2018 est de 51%. Voici la répartition de mon épargne des 12 derniers mois :

Vous remarquerez que le capital remboursé sur l’hypothèque (ma part – 50%) est inclus au numérateur (épargne) dans la formule du taux d’épargne que j’utilise. Lorsque je serai à la retraite, je vais continuer de vivre dans une maison, mais je n’aurai plus d’hypothèque. Par contre, j’aurai toujours des dépenses (taxes, entretiens, rénovations, etc.) et celles-ci seront toujours incluses au dénominateur (dépenses).

De plus, le capital sur le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est lui aussi inclus au numérateur. La raison est que nous allons probablement reprendre nos cotisations (ma part – 50%) au REEE et laisser les subventions gouvernementales (SCEE, BEC, IQEE, etc.) ainsi que le rendement à notre enfant pour payer ses études. Pour ceux qui pensent que ce n’est pas « juste » pour notre enfant, détrompez-vous! Nous cotisons le montant maximum pour bénéficier de toutes les subventions. Le baccalauréat de notre enfant était déjà payé lorsqu’il n’avait que 1 an (source). Imaginez le montant qu’il aura à ses 18 ans…

Je suis extrêmement fier du chemin que j’ai parcouru cette année. Un taux d’épargne de 51% est exceptionnel pour la plupart des gens, considérant que le taux d’épargne moyen des Québécois est de 5% (source). Mais c’est un taux d’épargne dans la moyenne pour ceux qui visent à atteindre l’indépendance financière précoce. Je vous rappelle que mon objectif est d’atteindre l’indépendance financière dans 10 ans, lorsque j’aurai 42 ans. Je dois donc continuer avec la même cadence et, si possible, augmenter légèrement la cadence…

Comment ai-je réussi à épargner autant d’argent?

Je discute rarement d’indépendance financière avec les membres de mon entourage. Pourquoi? Tout simplement parce que l’indépendance financière ou les saines habitudes financières ne sont pas des sujets à la mode. Les gens préfèrent parler de leur cuisine fraîchement rénovée à 40 000 $ ou de leur nouveau pick-up au lieu de leur stratégie d’épargne pour financer leur retraite. Lorsque je mentionne que j’épargne plus de 40% de mon revenu net, je reçois des commentaires tels que : « on le sait bien, tu es riche » ou « c’est normal, tu es tellement radin ».

Tout d’abord, je ne suis pas « riche ». De toute façon, qu’est-ce que ça veut dire « être riche »? Je n’ai pas la même définition de la richesse que mon voisin. Je considère que j’ai un très bon salaire. J’ai travaillé fort pour être où j’en suis rendu aujourd’hui. Mais nous avons seulement un salaire pour notre famille. Ma femme reste à la maison pour éduquer notre enfant. Nous ne l’envoyons pas à la garderie. C’est un choix personnel et non un choix financier. D’un côté, nous n’avons pas à payer la garderie. Mais de l’autre côté, nous nous privons d’un salaire. C’est purement un choix personnel… Ensuite, je ne suis pas « radin ». J’épargne beaucoup et je dépense intelligemment. Ce n’est pas ce que j’appelle être radin…

Il y a 3 raisons principales pour lesquelles j’ai réussi à épargner 51% de mon revenu net en 2018 : je n’ai pas de dettes, je « me paye en premier » et j’ai de saines habitudes financières.

  • Dette : Les dettes sont comme un boulet de prisonnier. C’est incroyable comment les gens consomment à crédit et qu’ils sont pris à la gorge par leurs dettes. Ce n’est pas étonnant que le taux d’endettement moyen des ménages soit de 171 %. Un taux d’endettement moyen de 171% veut dire que pour chaque dollar de revenu disponible, il y a 1,71 $ de dette. Lorsque j’ai élaboré mon plan de retraite, j’ai commencé par rembourser mes dettes. Ensuite, j’ai commencé à épargner… beaucoup! Toutes mes dépenses depuis ce temps sont payées avec de l’argent comptant et non avec le crédit. Le véhicule familial que nous avons acheté l’année dernière a été payé comptant (chèque), au lieu de le financer sur 7 ans comme nous proposait le vendeur.
  • Se payer en premier: Comme je l’ai mentionné précédemment, le taux d’épargne moyen des Québécois est de 5%. De plus, un tiers des Québécois vivent d’une paie à l’autre et une grande majorité d’entre eux compte seulement sur les revenus de retraite de l’état. Se payer en premier, c’est de ne pas attendre à la fin du mois avant d’épargner. C’est de prélever sur tous revenus une partie qui sera allouée directement à l’épargne. La solution la plus simple est de programmer un prélèvement automatique dans votre compte bancaire le jour de votre paie et d’envoyer ce montant dans votre compte d’investissement (fonds communs, actions, obligations, fonds négociés en bourse, etc.).
  • Saines habitudes financières : Depuis quelques années, j’ai adopté de saines habitudes en matière de finances personnelles. Je n’hésite jamais à dépenser pour des choses importantes (se nourrir, se loger, se vêtir, etc.). Par contre, « se nourrir » ne veut pas dire d’aller au restaurant toutes les semaines, « se loger » ne veut pas dire d’avoir un îlot en quartz dans sa cuisine, « se vêtir » ne veut pas dire d’acheter un manteau Canada Goose. Je dépense pour les choses qui apportent du bonheur à notre famille.

Quel est mon objectif pour 2019?

Comme je l’ai mentionné précédemment, je suis extrêmement fier de mon taux d’épargne pour l’année 2018. Même si plusieurs pensent le contraire, je n’ai pas fait de sacrifices pour épargner autant d’argent. De plus, je ne considère pas que c’est difficile de résister à la surconsommation, même si les firmes de marketing travaillent fort pour me convaincre 🙂

Cela dit, mon taux d’épargne peut varier d’une année à l’autre. Il peut y avoir des imprévus reliés à la maison (entretiens, réparations, rénovations, etc.) qui viennent réduire l’épargne. Il peut aussi y avoir des dépenses importantes comme des vacances en famille.

Mais, j’aimerais augmenter légèrement la cadence. C’est pour cela que mon objectif pour l’année 2019 est d’atteindre un taux d’épargne de 55%.

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Auteur : retraite101

Je suis un Québécois de 32 ans, et comme la plupart d'entre vous, je travaille de 8 h à 17 h, enfermé dans un cubicule comme un rat de laboratoire. Mais, j'ai comme objectif de prendre ma retraite à 42 ans ou avant.

9 réflexions sur « Comment j’ai réussi à épargner 51% de mon revenu net en 2018? »

  1. Excellent article. J’ai épargné également un large pourcentage de nos revenus (45%) durant la dernière année. Or, nous venons d’acheter un condo que plusieurs considèrerait excessif, non pas par sa taille ou son luxe, mais son emplacement et donc son prix : dans la région de Vancouver. Sur 5 ans, les intérêt représente 16% de nos revenus nets et le capital 19%. Ainsi, sans même épargner un seul sous de façon volontaire, nous mettons 19% de nos salaire dans un remboursement hypothécaire. Ça peut sembler beaucoup, mais un sujet revient très peu dans les blogs d’indépendance financière : le niveau de taxation des provinces et le coût de la vie.

    En déménageant du Québec à la Colombie-Britannique, avec les mêmes revenus bruts, nos revenus nets ont augmentés de 1000$… par mois. Évidemment, le coût de la vie est plus élevé ici, mais nous faisons chaque jour des choix pour réduire nos dépenses : une seule voiture relativement vieille (14 ans), économe (6 L/100km) et ayant peu de valeur (5000$), des forfaits de téléphones limités (27$/mois), diminuer nos sorties resto au minimum, aucune dette de consommation, aucun achat excessif/luxueux et toutes nos dépenses récurrentes ont été analyées et réduire à leur minimum (assurances habitation par exemple).

    Notre prochain défi sera de planifier une année de maternité à 55% du salaire et conserver le plus d’épargne possible 🙂

    1. Félicitations à vous! Vous aussi, vous êtes un épargnant exemplaire! C’est vrai, le niveau de taxation et le coût de la vie n’est pas un sujet abordé dans les blogues d’indépendance financière. Et pourtant, il y a une grande différence entre le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique pour ce qui est du coût de la vie et des subventions/allocations. Quoique je ne suis pas un expert dans le domaine. Je me fis principalement aux études présentées à RDI Économie 🙂

      Pour ce qui est du congé de maternité, vous avez déjà une longueur d’avance sur le ménage canadien moyen… Vous pensez à planifier votre année de maternité. Je peux vous dire que nous avons fait la même chose. Ma femme était un peu anxieuse à propos de cela. Après la fin du congé de maternité, nous nous sommes rendu compte que nous avions été trop optimistes sur les dépenses (nous avons dépensé moins que prévu) et trop pessimistes sur les revenus (nous avons eu des revenus plus élevés que prévu due aux allocations familiales).

      Si ce n’est pas trop personnel, pour quelle(s) raison(s) avez-vous décidé de déménager en Colombie-Britannique?

      1. Notre employeur nous permet de transférer pratiquement partout au Canada (dans les grands centres urbains). Nous avions d’abord pensé à déménager au Nouveau-Brunswick, mais nous avons fait l’erreur d’effectuer une visite touristique à Vancouver 🙂

        Une fois que l’on a apprécié la région, c’est difficile de revenir en banlieu dans ce que j’appelle désormais les flatlands du Québec 🙂 Mountains are calling!

        1. Wow! C’est un bon avantage de travailler pour cette entreprise et pouvoir transférer un peu partout au pays. Je suis allé une fois en Colombie-Britannique pour aller dans une croisière, alors je n’ai pas vraiment visité la province. Pour ce que j’ai vu, je dois avouer que c’est une très belle région, mais $$$.

  2. Quel chemin parcouru! Bien sûr qu’on se fait traiter de radins, de riches etc. Au moins toi tu ne te fais pas servir « on sait ben, t’as pas d’enfant, c’est plus facile ». Je te cite souvent en exemple quand des gens me servent cette excuse pour ne pas épargner. Je n’ai jamais fait de calcul de mon taux d’épargne mais j’ai toujours épargné le plus possible et je dirais que mes dernières années à titre de membre de la « rat race », j’ai pilé un max pour pouvoir en sortir au plus vite ;o) Bravo pour ton blogue et tes exemples concrets pour aider et éduquer ceux qui prendront la peine de te lire.

    1. Merci beaucoup Gabrielle! Effectivement, je ne reçois pas ce commentaire… Mais, je sais que ceux qui n’ont pas d’enfant(s) se le font dire souvent. Jean-Sébastien du blogue « Jeune retraité » en parle souvent. Et pourtant, je pense que c’est encore plus facile d’épargner avec des enfants (à moins d’être un surconsommateur averti 🙂 ). En tant que parents, nous recevons de beaux cadeaux des deux paliers de gouvernement : allocations pour enfants, subventions pour le Régime enregistré d’épargne-études, etc. Mais, j’imagine que ceux qui te disent « on sait ben, t’as pas d’enfant, c’est plus facile » ne mentionnent pas ces cadeaux… Merci de me citer en exemple. Je pense que Dominique du blogue « Se Payer En Premier » est un autre excellent exemple de saine gestion des finances personnelles avec des enfants.

  3. Mise-à-jour importante :

    J’ai oublié d’inclure un investissement de 5000$ que j’ai fait dans mon CÉLI en janvier 2018. Aussi, j’ai fait un investissement de 500$ dans une campagne de financement participatif en capital (GoTroo) hier – 30 décembre. De plus, je viens de recevoir un bonus de référencement d’employé aujourd’hui – 31 décembre.

    Lorsque j’inclue ces changements, mon taux d’épargne pour l’année 2018 est de 51%!

    Mon taux d’épargne se répartie comme suit :
    – Dépenses : 49%
    – Capital remboursé sur l’hypothèque : 5%
    – Régime de retraite : 17%
    – Épargne (REER, CELI, REEE) : 29%
    – Total : 100%

    Incroyable, non? C’est dommage, mon article aurait été encore plus accrocheur avec le titre : « Comment j’ai réussi à épargner 51% de mon revenu net en 2018? » 🙂

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