L’or fascine les investisseurs depuis des siècles. Considéré comme une valeur refuge, il attire particulièrement l’attention lorsque les marchés boursiers sont volatils, que l’inflation augmente ou que l’incertitude économique s’installe.
Mais, est-ce vraiment une bonne idée d’investir dans l’or?
Faut-il acheter des lingots, des fonds négociés en Bourse (FNB) ou des actions de sociétés aurifères? Et quelle place l’or devrait-il occuper dans un portefeuille diversifié?
Dans cet article, je présente les avantages et les risques de l’or, les différentes façons d’y investir au Canada et ma stratégie personnelle.
Pourquoi investir dans l’or?
Contrairement aux actions, l’or ne représente pas une participation dans une entreprise. Il s’agit d’un métal précieux dont la valeur dépend notamment de l’offre, de la demande et des conditions économiques.
Plusieurs raisons expliquent son attrait auprès des investisseurs.
1. Diversifier son portefeuille
L’or n’évolue pas nécessairement dans la même direction que les actions et les obligations. Cette corrélation imparfaite peut contribuer à réduire les fluctuations d’un portefeuille diversifié.
2. Se protéger contre certaines crises
L’or est souvent recherché pendant les périodes d’incertitude économique, financière ou géopolitique. Toutefois, il ne monte pas systématiquement lorsque les marchés boursiers reculent.
3. Préserver son pouvoir d’achat
À très long terme, l’or a historiquement contribué à préserver la richesse face à la dépréciation des monnaies. Cependant, il ne constitue pas une protection parfaite contre l’inflation, particulièrement sur de courtes périodes.
Quels sont les risques d’investir dans l’or?
Malgré sa réputation de valeur refuge, l’or comporte plusieurs inconvénients.
D’abord, l’or ne produit aucun revenu. Contrairement aux actions qui peuvent verser des dividendes ou aux obligations qui procurent des intérêts, son rendement dépend essentiellement de l’évolution de son prix.
Ensuite, son cours peut fluctuer considérablement. Par exemple, en 2013, le prix de l’or a reculé d’environ 28 % en dollars américains. Un investisseur doit donc accepter la possibilité de pertes importantes, même sans crise boursière.
Enfin, le prix de l’or est influencé par plusieurs facteurs difficiles à prévoir : taux d’intérêt réels, valeur du dollar américain, achats des banques centrales et sentiment des investisseurs.
L’or peut diversifier un portefeuille, mais il ne constitue pas un placement sans risque.
Comment investir dans l’or au Canada?
Il existe plusieurs façons d’investir dans l’or. Chacune présente des caractéristiques différentes.
1. Acheter de l’or physique : lingots et pièces
La méthode traditionnelle consiste à acheter directement de l’or physique.
Par exemple :
- Des lingots d’or de différents poids;
- Des pièces d’investissement, comme la Feuille d’érable en or de la Monnaie royale canadienne;
- Des plaquettes d’or provenant d’affineurs reconnus.
L’avantage principal est de posséder directement le métal, sans dépendre d’un fonds d’investissement.
Cependant, cette approche comporte des contraintes : entreposage, assurances, risques de vol et écarts entre les prix d’achat et de revente. Les petites quantités d’or peuvent également comporter des primes relativement élevées.
Pour un investisseur qui souhaite simplement obtenir une exposition au prix de l’or, cette solution peut être moins pratique qu’un FNB.
2. Acheter des FNB adossés à l’or physique
Les fonds négociés en Bourse (FNB) permettent d’investir dans l’or à partir d’un compte de courtage. Certains détiennent réellement des lingots entreposés dans des installations sécurisées.
Voici quatre produits accessibles aux investisseurs canadiens :
| Fonds | Symbole | RFG | Particularité |
|---|---|---|---|
| Purpose Gold Bullion Fund | KILO | 0,23 % | Or physique, couvert contre le risque de change |
| Sprott Physical Gold Trust | PHYS | 0,39 % | Fiducie à capital fixe détenant de l’or physique |
| iShares Gold Bullion ETF | CGL | 0,56 % | Or physique, couvert contre le risque de change |
| iShares Gold Bullion ETF | CGL.C | 0,56 % | Or physique, sans couverture de change |
RFG publiés par les émetteurs en 2026. Les frais peuvent changer.
La distinction entre les catégories couvertes et non couvertes est importante. Un FNB sans couverture de change peut voir son rendement en dollars canadiens influencé par les fluctuations du taux CAD/USD.
À l’inverse, un FNB couvert cherche à réduire cette influence, sans nécessairement l’éliminer complètement.
Autre particularité : PHYS peut se négocier à prime ou à escompte par rapport à sa valeur liquidative, puisqu’il s’agit d’une fiducie à capital fixe.
Ces produits permettent d’obtenir une exposition à l’or sans devoir entreposer soi-même des lingots.
3. Acheter des FNB d’actions aurifères
Une autre possibilité consiste à investir dans des sociétés qui exploitent des mines d’or. Plutôt que d’acheter individuellement plusieurs entreprises, il est possible de choisir un FNB sectoriel.
Par exemple :
- XGD : iShares S&P/TSX Global Gold Index ETF, composé de sociétés aurifères mondiales;
- GDX : VanEck Gold Miners ETF, qui regroupe principalement de grandes entreprises minières;
- GDXJ : VanEck Junior Gold Miners ETF, davantage orienté vers les sociétés minières de plus petite capitalisation.
XGD affichait un RFG de 0,61 % en octobre 2026. GDX et GDXJ sont des FNB américains négociés en dollars américains.
Ces fonds peuvent être plus volatils que l’or lui-même. En effet, la rentabilité des entreprises minières dépend non seulement du prix de l’or, mais aussi des coûts de production, des investissements, de la gestion et des risques opérationnels.
4. Acheter directement des actions de sociétés aurifères
Les investisseurs peuvent également acheter des actions individuelles. Voici quelques exemples de sociétés bien connues :
| Société | Symbole | Activité |
|---|---|---|
| Agnico Eagle Mines | AEM | Production aurifère |
| Barrick Mining | ABX | Exploitation minière |
| Kinross Gold | K | Production aurifère |
| Franco-Nevada | FNV | Redevances et financement minier |
| Wheaton Precious Metals | WPM | Ententes d’approvisionnement en métaux précieux |
Les deux dernières utilisent principalement des modèles de redevances ou de financement plutôt que d’exploiter directement des mines.
Ces entreprises peuvent bénéficier d’une augmentation du prix de l’or, mais leurs actions comportent des risques propres à leurs activités.
Acheter une société aurifère n’est donc pas la même chose qu’acheter de l’or.
5. Les autres façons d’investir dans l’or
Il existe également des FNB utilisant des contrats à terme, comme HUG (Global X Gold ETF), ainsi que des produits employant des stratégies d’options, comme HGY (Global X Gold Yield ETF).
Ces produits présentent des mécanismes supplémentaires pouvant modifier leur rendement par rapport au prix de l’or. Ils nécessitent donc une bonne compréhension de leur fonctionnement.
Pour un investisseur recherchant simplement une exposition au métal, un fonds adossé à l’or physique demeure généralement plus facile à comprendre.
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Quel rendement l’or a-t-il généré historiquement?
L’or a connu des périodes de forte croissance, mais également de longues périodes de stagnation. Selon le World Gold Council, son rendement annualisé en dollars américains a été d’environ 9 % depuis 1971.
Ce chiffre doit toutefois être interprété avec prudence : le rendement dépend fortement de la période étudiée, de la devise et du prix d’achat.
Par exemple, après son sommet de 1980, l’or a traversé une longue période difficile avant de retrouver durablement ce niveau nominal. À l’inverse, il a enregistré une hausse d’environ 67 % en dollars américains en 2025.
Ces variations montrent qu’un excellent rendement récent ne garantit pas un rendement comparable dans les années suivantes.
De plus, contrairement aux actions, l’or ne bénéficie pas directement de la croissance des bénéfices des entreprises ni du réinvestissement de dividendes.
Or ou Bitcoin : lequel est le meilleur investissement?
Le Bitcoin (BTC) est parfois présenté comme de « l’or numérique ».
Cette comparaison repose notamment sur leur rareté. L’offre maximale de Bitcoin est limitée à 21 millions d’unités, tandis que la quantité d’or disponible augmente relativement lentement grâce à l’extraction minière.
Cependant, les deux actifs présentent des différences importantes.
| Caractéristique | Or | Bitcoin |
|---|---|---|
| Historique | Plusieurs millénaires | Depuis 2009 |
| Offre | Limitée, mais croissante | Maximum de 21 millions |
| Volatilité | Importante | Généralement beaucoup plus élevée |
| Revenu produit | Aucun | Aucun directement |
| Conservation | Physique ou intermédiaire | Portefeuille numérique ou intermédiaire |
Le Bitcoin a connu des hausses spectaculaires, mais également des effondrements dépassant 70 %. Il demeure donc beaucoup plus spéculatif que l’or.
À mon avis, Bitcoin et l’or ne remplissent pas exactement le même rôle dans un portefeuille. Le premier constitue un actif numérique très volatil, tandis que le second possède un historique beaucoup plus long comme réserve de valeur et outil de diversification.
Pour approfondir le sujet, consultez mon article sur les différentes façons d’investir dans les cryptomonnaies en Bourse.
Quelle proportion d’or détenir dans son portefeuille?
Il n’existe pas de proportion idéale universelle. Certaines analyses du World Gold Council montrent qu’une allocation de 2,5 % à 10 % en or aurait amélioré le rendement ajusté au risque de portefeuilles hypothétiques sur certaines périodes historiques.
Cela ne signifie pas que tous les investisseurs devraient détenir cette proportion. Une allocation à l’or dépend notamment de l’horizon de placement, de la tolérance au risque et des autres actifs détenus.
À titre d’exemple, un article invité sur la construction d’un portefeuille plus sécuritaire présente une stratégie comprenant une allocation d’environ 5 % à l’or. Il s’agit d’un exemple de répartition, et non d’une proportion recommandée à tous les investisseurs.
L’objectif devrait être de construire un portefeuille cohérent plutôt que d’acheter de l’or uniquement parce que son prix augmente.
Ma stratégie personnelle : est-ce que j’investis dans l’or?
Personnellement, je ne détiens pas d’or physique ni de FNB consacrés spécifiquement à l’or. Ma stratégie repose principalement sur l’investissement indiciel passif, avec des FNB d’actions diversifiés comme XEQT et une combinaison de VT et VCN.
Je préfère investir dans des milliers d’entreprises à travers le monde plutôt que de chercher à prévoir l’évolution du prix d’une matière première.
Mon portefeuille comporte également une exposition aux cryptomonnaies, qui représentent une catégorie d’actifs distincte et plus spéculative.
Cela ne signifie pas que je considère l’or comme un mauvais placement. Je reconnais ses avantages en matière de diversification, mais je ne juge pas nécessaire d’en ajouter une allocation spécifique à mon portefeuille actuellement.
Vous pouvez consulter la composition de mon portefeuille d’investissement pour connaître mes placements et leur évolution. Ma priorité demeure une stratégie simple, diversifiée et adaptée à mon horizon de placement.
Conclusion : investir dans l’or, bonne ou mauvaise idée?
Investir dans l’or peut être une bonne idée pour diversifier un portefeuille et réduire sa dépendance aux marchés boursiers traditionnels. Cependant, l’or comporte des risques : volatilité, absence de revenus et longues périodes possibles de sous-performance.
Pour les investisseurs qui souhaitent y accéder facilement, les FNB adossés à l’or physique constituent une solution intéressante. Les actions aurifères représentent plutôt un investissement dans des entreprises exposées au secteur minier. De mon côté, je continue de privilégier les FNB indiciels diversifiés.
L’important n’est pas de posséder absolument de l’or, mais de comprendre pourquoi on souhaite en détenir et quelle place il occuperait dans sa stratégie.
FAQ – Questions fréquentes sur l’investissement dans l’or
L’or peut contribuer à diversifier un portefeuille et à préserver le pouvoir d’achat sur de longues périodes. Toutefois, son rendement est imprévisible et il ne génère aucun revenu.
Oui, plusieurs FNB d’or cotés sur des Bourses reconnues sont admissibles au CELI et au REER. Il faut néanmoins vérifier l’admissibilité du produit précis auprès de son institution financière.
Il n’existe pas de meilleur FNB universel. KILO, PHYS et CGL offrent différentes façons d’obtenir une exposition à l’or physique. Il faut comparer les frais, la structure juridique, la couverture de change et les écarts entre le prix et la valeur liquidative.
L’or physique permet de détenir directement le métal, mais nécessite un entreposage sécurisé. Un FNB est généralement plus simple à acheter, à vendre et à intégrer dans un portefeuille de placements.
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