Investir dans l’intelligence artificielle (IA) : actions, FNB et risques

Illustration d'un investisseur observant une puce d'intelligence artificielle et un graphique boursier.
Investir dans l'IA : actions individuelles, FNB spécialisés et risques à connaître.

L’intelligence artificielle (IA) transforme déjà notre façon de travailler, de chercher de l’information et d’utiliser les technologies.

En Bourse, elle suscite aussi beaucoup d’intérêt. Des entreprises comme Nvidia, Microsoft et Alphabet investissent des sommes considérables dans son développement.

Mais faut-il investir dans l’intelligence artificielle pour profiter de cette révolution technologique? Est-il préférable d’acheter des actions individuelles, des FNB spécialisés ou simplement des FNB indiciels diversifiés? Et surtout, êtes-vous déjà investi dans l’IA sans le savoir?

Dans cet article, je présente les différentes façons d’investir dans l’IA, les FNB disponibles au Canada, les risques d’une bulle boursière et ma propre stratégie d’investissement.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle?

L’intelligence artificielle (IA) regroupe des technologies permettant aux systèmes informatiques d’accomplir des tâches comme analyser des données, reconnaître des images, générer du texte ou automatiser certains processus.

L’IA est déjà présente dans plusieurs aspects de notre quotidien. Voici quelques exemples :

  • IA générative : ChatGPT, Claude, Gemini et Grok peuvent notamment répondre à des questions, générer du texte, des images ou du code.
  • IA agentique : des agents comme Muse de Meta peuvent accomplir des tâches en plusieurs étapes, comme effectuer des recherches, gérer des rendez-vous ou interagir avec des applications.
  • Recommandations personnalisées : Netflix, YouTube et Spotify utilisent notamment l’IA pour suggérer du contenu selon les préférences des utilisateurs.
  • Services financiers : les banques utilisent des systèmes d’IA pour détecter certaines transactions frauduleuses et analyser les risques.
  • Conduite autonome : des entreprises comme Waymo (Alphabet) et Tesla développent des systèmes de conduite automatisée et des services de robotaxis.
  • Robotique et automatisation : l’IA peut aider les robots industriels à reconnaître des objets, effectuer des tâches et s’adapter à leur environnement.

Cependant, l’écosystème de l’IA ne se limite pas aux entreprises qui développent ces applications.

Il comprend également plusieurs catégories d’entreprises :

  • Semi-conducteurs : processeurs et composants nécessaires aux calculs.
  • Infrastructures : centres de données, réseaux et services infonuagiques.
  • Logiciels : modèles d’IA et applications professionnelles.
  • Robotique : équipements industriels et systèmes autonomes.
  • Entreprises utilisatrices : organisations qui intègrent l’IA pour améliorer leurs produits ou leur productivité.

Cette diversité est importante pour les investisseurs. Deux entreprises associées à l’IA peuvent avoir des activités, des risques et des perspectives de rentabilité très différents.

Pourquoi investir dans l’intelligence artificielle?

L’IA pourrait contribuer à améliorer la productivité, réduire certains coûts et créer de nouveaux produits et services. Elle pourrait aussi transformer plusieurs secteurs, notamment la santé, les services financiers, la fabrication et les transports.

Les investissements actuels dans les infrastructures témoignent de l’ampleur de cette transformation. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les plus grands exploitants mondiaux de centres de données devraient consacrer plus de 700 milliards de dollars américains en dépenses d’investissement en 2026, principalement à la construction de nouvelles infrastructures.

Ce chiffre est impressionnant, mais il faut bien l’interpréter. Il s’agit de dépenses d’investissement, et non de revenus ou de profits générés par l’IA. Ces sommes devront éventuellement produire des résultats économiques suffisants pour justifier leur coût.

Une technologie peut connaître un immense succès sans que toutes les entreprises qui y participent deviennent des investissements rentables.

Comment investir dans l’intelligence artificielle?

Il existe trois grandes approches pour obtenir une exposition boursière à l’IA.

1. Acheter des actions individuelles

Vous pouvez acheter directement des actions d’entreprises qui développent l’intelligence artificielle, fournissent ses infrastructures ou intègrent cette technologie à leurs produits.

Voici des exemples de sociétés cotées en Bourse :

EntrepriseSymboleActivités liées à l’IA
NvidiaNVDAProcesseurs graphiques et infrastructures de calcul
MicrosoftMSFTAzure, Copilot et logiciels d’IA
Alphabet (Google)GOOGL / GOOGGemini, Google Cloud et recherche
AmazonAMZNAWS et infrastructures d’IA
Meta PlatformsMETAModèles Llama, publicité et applications d’IA
BroadcomAVGOPuces spécialisées et réseaux
AMDAMDProcesseurs et accélérateurs d’IA
Palantir TechnologiesPLTRAnalyse de données et logiciels d’IA
TeslaTSLAConduite automatisée, robotique et IA
TSMCTSMFabrication de semi-conducteurs avancés
ASMLASMLÉquipements de fabrication de semi-conducteurs
OracleORCLBases de données et infrastructures infonuagiques
Exemples d’actions d’entreprises pour investir dans l’intelligence artificielle

Ces entreprises sont présentées à titre d’exemples, et non de recommandations d’achat.

Certaines sociétés, comme Nvidia et AMD, fournissent des composants utilisés pour entraîner et exécuter des modèles d’IA. D’autres, comme Microsoft, Amazon et Alphabet, développent des logiciels tout en exploitant des infrastructures infonuagiques. Enfin, des entreprises comme Tesla ou Palantir sont associées à des applications particulières de l’IA.

Toutefois, ces sociétés ne génèrent pas nécessairement la majorité de leurs revenus grâce à l’intelligence artificielle.

L’avantage des actions individuelles est de pouvoir sélectionner précisément les entreprises dans lesquelles vous souhaitez investir.

Le principal inconvénient est le risque de concentration. Une entreprise dominante peut subir une baisse importante si ses résultats déçoivent ou si les investisseurs avaient des attentes trop élevées.

Il faut également considérer le prix payé. Une excellente entreprise n’est pas automatiquement une excellente action à n’importe quelle valorisation.

2. Acheter un FNB spécialisé dans l’IA

Une deuxième approche consiste à acheter un fonds négocié en Bourse (FNB) spécialisé dans l’intelligence artificielle.

Ces fonds regroupent des sociétés associées à l’IA, à la robotique, aux semi-conducteurs ou aux infrastructures informatiques. Certains suivent un indice, tandis que d’autres utilisent une stratégie de sélection active.

Exemples de FNB d’intelligence artificielle

Voici des FNB spécialisés accessibles aux investisseurs canadiens, dont plusieurs sont négociés à la Bourse de Toronto (TSX).

FNBFournisseurSymboleBourseDeviseFrais
Fonds intelligence artificielle mondialeCICIAITSXCAD0,76 %
FNB Morningstar Global Next Gen AICIINAI / INAI.FTSXCAD0,37 %
Indice intelligence artificielle et technologieGlobal XAIQTSXCAD0,60 %
Indice robotique et IAGlobal XRBOTTSXCAD0,65 %
Fonds intelligence artificielleEvolveARTITSXCAD0,60 %
ROBO Global Artificial Intelligence ETFROBO GlobalTHNQNYSEUSD0,75 %
TCW Artificial Intelligence ETFTCWAIFDNASDAQUSD0,75 %
Exemples de FNB pour investir dans l’intelligence artificielle

Sources : fiches des gestionnaires, consultées en octobre 2026. Les RFG et frais indiqués correspondent aux données publiées disponibles et peuvent changer. Les frais de gestion d’ARTI ne comprennent pas nécessairement toutes les dépenses du fonds. Les frais annuels américains ne sont pas directement équivalents au RFG canadien.

Ces FNB ne suivent pas tous la même stratégie.

  • CIAI, INAI et AIQ visent une exposition à différentes entreprises liées au développement ou à l’utilisation de l’intelligence artificielle.
  • RBOT combine l’IA et la robotique, notamment dans les secteurs industriels.
  • ARTI utilise une stratégie active assistée par les outils d’intelligence artificielle de Boosted.ai pour sélectionner des entreprises susceptibles de bénéficier de son adoption.
  • THNQ et AIFD sont des FNB américains négociés en dollars américains. Leur achat peut donc entraîner des frais de conversion de devises selon la plateforme de courtage utilisée.

Il faut aussi distinguer la devise de négociation de la couverture du risque de change. Un FNB coté au TSX en dollars canadiens peut détenir des actions étrangères et demeurer exposé aux fluctuations des devises.

D’autres FNB liés à l’écosystème de l’IA

Certains FNB ne visent pas l’ensemble de l’intelligence artificielle, mais plutôt les technologies nécessaires à son développement. Par exemple :

  • CHPS (Global X) : semi-conducteurs utilisés dans la chaîne de valeur de l’IA.
  • XCHP (iShares) : entreprises du secteur des semi-conducteurs.
  • DRAM (Global X) : mémoire informatique et stockage liés à l’IA.
  • ACHP (Global X) : fabricants de semi-conducteurs asiatiques.
  • MTRX (Global X) : infrastructures nécessaires au développement de l’IA.
  • TKN (Ninepoint) : stratégie hybride combinant entreprises liées à l’IA et aux cryptomonnaies.

Ces FNB peuvent présenter une concentration encore plus importante dans certaines industries.

Par exemple, au 30 septembre 2026, les cinq principales positions de CHPS représentaient environ 71,5 % du portefeuille, selon Global X. Ce fonds avait également modifié son objectif de placement le 4 mars 2025. Ses rendements antérieurs ne reflètent donc pas entièrement sa stratégie actuelle.

Les points à vérifier avant d’acheter un FNB d’IA

Avant d’investir, je vérifierais :

  • Les principales positions et leur pondération.
  • Les frais de gestion et le RFG.
  • La concentration sectorielle et géographique.
  • La devise de négociation et la couverture de change.
  • Le volume de négociation et l’écart acheteur-vendeur.
  • Les chevauchements avec mes placements actuels.

Les FNB thématiques peuvent aussi être plus coûteux que les FNB indiciels diversifiés. Par exemple, une différence de frais annuels de 0,40 % représente environ 40 $ par année sur un placement de 10 000 $, avant les variations de valeur du portefeuille.

Enfin, il faut distinguer un FNB qui investit dans des entreprises liées à l’IA d’un FNB qui utilise l’IA pour sélectionner des placements. Ce sont deux caractéristiques différentes.

3. Investir avec des FNB indiciels diversifiés

Une troisième approche consiste à investir dans de grands indices boursiers, sans choisir de secteur particulier. Par exemple :

  • Un FNB du S&P 500 détient de grandes sociétés américaines.
  • Un FNB mondial détient des entreprises de plusieurs pays.
  • Un FNB tout-en-un regroupe plusieurs marchés dans un seul placement.

Ces fonds possèdent déjà des actions de nombreuses entreprises qui développent ou utilisent l’intelligence artificielle.

Cette approche permet de participer à leur croissance éventuelle sans devoir sélectionner les gagnants à l’avance. C’est celle que je privilégie personnellement.

Les FNB indiciels sont-ils déjà investis dans l’IA?

Oui. Plusieurs entreprises associées à l’IA figurent parmi les principales positions des grands indices boursiers.

Le S&P 500

Le S&P 500 regroupe environ 500 grandes entreprises américaines. Il comprend notamment Nvidia, Microsoft, Alphabet, Amazon, Broadcom et Meta.

Selon S&P Dow Jones Indices, les dix principales positions représentaient 37,8 % de l’indice au 31 août 2026. Cette concentration signifie que les rendements du S&P 500 dépendent fortement de ses plus grandes sociétés.

Cependant, ce chiffre ne mesure pas la proportion de l’indice investie dans l’IA. Ces entreprises exercent plusieurs activités, et d’autres sociétés de l’indice utilisent également cette technologie.

Pour en savoir plus : FNB du S&P 500 : lequel choisir?

Les FNB mondiaux

Les FNB mondiaux offrent une exposition aux entreprises de plusieurs régions.

Prenons le FNB Vanguard Total World Stock ETF (VT). Il détient des milliers d’entreprises, notamment Nvidia, Microsoft, Alphabet, Amazon et Broadcom.

Ces sociétés représentent une part importante du marché américain, mais VT comprend également des entreprises canadiennes, européennes, asiatiques et d’autres régions.

Un investisseur qui détient VT participe donc déjà, indirectement, à l’évolution de nombreuses entreprises liées à l’IA.

Il demeure toutefois exposé aux risques des marchés boursiers, notamment à la concentration dans les grandes sociétés américaines.

Les FNB tout-en-un comme XEQT

Les FNB tout-en-un, comme XEQT, regroupent plusieurs FNB sous-jacents.

XEQT investit notamment dans les marchés américains, canadiens, internationaux et émergents. Il détient donc indirectement des entreprises comme Nvidia, Microsoft et Alphabet, parmi des milliers d’autres sociétés.

La différence avec un FNB spécialisé est importante : XEQT ne cherche pas à maximiser son exposition à l’IA. Il vise plutôt une diversification géographique et sectorielle selon sa répartition cible.

Un investisseur qui détient déjà XEQT n’a donc pas nécessairement besoin d’ajouter un FNB d’IA pour obtenir une exposition à cette technologie.

Pour en savoir plus : Pourquoi le FNB XEQT est-il si populaire?

Quelle proportion de votre portefeuille est investie dans l’IA?

C’est une question intéressante, mais il n’existe pas de réponse universelle. Pourquoi? Parce qu’une entreprise peut développer l’IA tout en réalisant une grande partie de ses revenus dans d’autres activités.

Prenons un exemple fictif. Vous possédez un portefeuille de 100 000 $ :

  • 80 000 $ dans un FNB mondial.
  • 20 000 $ dans un FNB spécialisé en IA.

Supposons que 15 % du FNB mondial soit composé de sociétés que vous classez comme liées à l’IA. Le calcul serait :

PlacementMontant associé à l’IA
FNB mondial : 80 000 $ × 15 %12 000 $
FNB spécialisé : 20 000 $ × 100 %20 000 $
Total32 000 $

Vous pourriez ainsi estimer que 32 % de votre portefeuille est associé à des entreprises liées à l’IA.

Mais attention : ce n’est pas une mesure de l’exposition économique réelle à l’IA. Les entreprises sélectionnées peuvent générer des revenus dans d’autres secteurs. De plus, même un FNB spécialisé ne détient pas nécessairement des sociétés consacrées exclusivement à l’IA.

Ce calcul est donc une illustration, et non une méthode permettant de déterminer précisément la part des revenus ou des bénéfices attribuable à l’intelligence artificielle.

Quels sont les risques d’investir dans l’IA?

L’intelligence artificielle présente des perspectives intéressantes, mais plusieurs risques doivent être considérés.

Des valorisations élevées

Une entreprise peut connaître une croissance rapide tout en offrant un rendement boursier décevant si son action a été achetée trop cher.

Les investisseurs paient parfois aujourd’hui pour des profits qui pourraient prendre plusieurs années à se matérialiser.

Une concurrence importante

Les grandes entreprises technologiques investissent massivement dans les modèles, les processeurs et les infrastructures.

Certaines pourraient développer des avantages durables. D’autres pourraient perdre des parts de marché ou ne pas récupérer leurs investissements.

Des coûts d’infrastructure élevés

Les centres de données nécessitent des processeurs, de l’électricité, des équipements de refroidissement et des réseaux.

Ces investissements peuvent peser sur les flux de trésorerie des entreprises.

Une concentration accrue

Si vous détenez déjà XEQT, VT ou un FNB du S&P 500, vous possédez probablement plusieurs grandes sociétés technologiques.

Ajouter un FNB spécialisé pourrait augmenter votre exposition aux mêmes entreprises plutôt que diversifier votre portefeuille.

Des changements difficiles à prévoir

L’évolution technologique, la réglementation, les coûts énergétiques et la concurrence peuvent modifier rapidement les perspectives de rentabilité.

Il demeure difficile de prévoir quelles entreprises seront les principales gagnantes dans dix ou vingt ans.

L’intelligence artificielle est-elle une bulle boursière?

Personne ne peut déterminer avec certitude si les valorisations actuelles constituent une bulle, ni prévoir le moment d’une éventuelle correction.

L’histoire boursière montre toutefois qu’une innovation réelle peut s’accompagner d’un enthousiasme excessif.

La bulle Internet

À la fin des années 1990, les investisseurs anticipaient une transformation majeure de l’économie grâce à Internet.

Cette transformation s’est effectivement produite. Mais l’enthousiasme avait propulsé plusieurs actions à des valorisations difficiles à justifier, parfois sans bénéfices.

L’exemple du Nasdaq Composite est frappant :

  • Entre mars 2000 et octobre 2002, l’indice a perdu environ 78 % de sa valeur.
  • Il a fallu attendre avril 2015, soit environ 15 ans, pour qu’il retrouve son sommet de mars 2000, en termes de prix (source : Reuters).

Certaines entreprises n’ont jamais survécu. C’est notamment le cas de Pets.com, qui a cessé ses activités en novembre 2000, quelques mois seulement après son entrée en Bourse.

Internet a révolutionné l’économie. Pourtant, les investisseurs qui avaient acheté au sommet ont parfois attendu très longtemps pour récupérer leur capital.

Le cannabis

La légalisation du cannabis au Canada a suscité un fort enthousiasme pour les entreprises du secteur.

Plusieurs investisseurs anticipaient une croissance rapide des revenus et des profits. Pourtant, les rendements boursiers ont été très décevants.

Prenons l’exemple du FNB Global X Marijuana Life Sciences (HMMJ), coté à la Bourse de Toronto. Selon Global X, ce FNB affichait un rendement annualisé de -23,52 % sur cinq ans, au 30 septembre 2026.

Cet exemple montre qu’un FNB regroupant plusieurs entreprises d’un secteur peut malgré tout subir des pertes considérables.

Les véhicules électriques et autonomes

Les perspectives de croissance des véhicules électriques et de la conduite autonome ont également attiré beaucoup de capitaux.

Cependant, la concurrence, les coûts de production et l’évolution de la demande ont créé des écarts importants entre les attentes des investisseurs et les résultats des entreprises.

Prenons l’exemple du KraneShares Electric Vehicles & Future Mobility ETF (KARS), un FNB américain consacré aux véhicules électriques et à la mobilité de demain.

Selon KraneShares, ce FNB affichait un rendement annualisé de -7,92 % sur cinq ans, au 30 septembre 2026.

Encore une fois, une industrie peut continuer de se développer sans offrir de bons rendements aux investisseurs qui y ont consacré leur argent au mauvais moment.

Les cryptomonnaies

Les cryptomonnaies ont connu plusieurs cycles d’enthousiasme et de fortes corrections.

Leur fonctionnement diffère de celui des actions d’entreprises, mais elles illustrent les risques associés à la spéculation et à la peur de manquer une occasion.

Le point commun : une technologie ou un marché prometteur ne garantit pas un investissement rentable.

Ces comparaisons ne signifient pas que l’IA suivra nécessairement le même parcours. Elles rappellent surtout l’importance des valorisations et de la discipline.

Le FOMO : faut-il investir dans l’IA avant qu’il soit trop tard?

Le FOMO (Fear of Missing Out) désigne la peur de manquer une occasion. Lorsque certaines actions affichent des rendements spectaculaires, il devient tentant de modifier son portefeuille pour profiter de la tendance.

Prenons l’exemple de Sandisk (SNDK), une entreprise de stockage de données qui profite notamment de la demande liée aux infrastructures d’IA. Au 15 octobre 2026, son action avait gagné environ 867 % en un an.

Mais investir principalement en réaction aux performances récentes peut mener à de mauvaises décisions.

Avant d’acheter un FNB spécialisé, je me poserais quatre questions :

  1. Est-ce que je comprends les entreprises et les risques du placement?
  2. Est-ce que je possède déjà ces entreprises dans mes FNB?
  3. Quelle place ce placement occuperait-il dans mon portefeuille?
  4. Est-ce que je serais prêt à le conserver après une baisse importante?

Il faut aussi se demander si cette nouvelle position correspond réellement à sa stratégie d’investissement à long terme.

Ma stratégie personnelle : investir dans l’IA sans FNB spécialisé

Personnellement, je privilégie depuis plusieurs années une stratégie d’investissement indicielle passive. Mon objectif n’est pas de trouver la prochaine entreprise gagnante, mais plutôt de détenir un portefeuille diversifié, de limiter les frais et de conserver mes placements à long terme.

J’utilise notamment des FNB indiciels comme XEQT, ainsi qu’une combinaison de VT et VCN dans mes REER.

Ces placements me donnent déjà une exposition à plusieurs grandes entreprises participant au développement de l’intelligence artificielle. Je n’ai donc pas besoin d’acheter individuellement Nvidia, Microsoft ou un FNB thématique pour participer à leur croissance éventuelle.

Cette approche présente aussi un avantage : lorsqu’une entreprise gagne en importance dans un indice pondéré selon la capitalisation boursière, son poids peut augmenter dans le portefeuille.

Inversement, les entreprises qui perdent de l’importance voient généralement leur poids diminuer.

Cela ne protège pas contre les corrections boursières ni contre la concentration dans les grandes sociétés technologiques. Mais je préfère investir dans l’ensemble du marché plutôt que de tenter de prédire les gagnants de l’IA.

C’est mon approche personnelle, et non une recommandation universelle.

Faut-il investir davantage dans l’intelligence artificielle?

L’intelligence artificielle pourrait transformer profondément l’économie. Toutefois, son potentiel ne signifie pas qu’il soit nécessaire de lui consacrer une portion supplémentaire de son portefeuille.

Acheter des actions individuelles ou un FNB spécialisé peut convenir à certains investisseurs qui comprennent les risques et souhaitent assumer une concentration supplémentaire.

Pour d’autres, les FNB indiciels diversifiés offrent déjà une exposition suffisante aux entreprises concernées.

Avant de modifier votre portefeuille, vérifiez vos placements actuels, votre horizon d’investissement, votre tolérance au risque et les frais supplémentaires.

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  • Les achats automatiques de FNB et les actions fractionnées;
  • Les comptes en dollars américains et les autres fonctionnalités.

FAQ – Investir dans l’intelligence artificielle

Peut-on investir directement dans ChatGPT ou OpenAI?

ChatGPT est développé par OpenAI. Acheter des actions d’une entreprise ayant des liens commerciaux avec OpenAI ne signifie pas détenir directement une participation dans OpenAI. Vérifiez le statut de l’entreprise et les titres réellement accessibles avant d’investir.

Quel est le meilleur FNB d’intelligence artificielle?

Il n’existe pas de meilleur FNB pour tous les investisseurs. Comparez les frais, les positions, la concentration, la devise et la stratégie de chaque fonds.

Quels FNB d’IA sont disponibles au Canada?

Plusieurs FNB sont cotés à Toronto, notamment CIAI, INAI, AIQ, RBOT et ARTI. D’autres fonds ciblent les semi-conducteurs ou les infrastructures de l’IA.

XEQT investit-il dans l’intelligence artificielle?

Oui, indirectement. XEQT détient des FNB sous-jacents qui possèdent des actions d’entreprises comme Nvidia, Microsoft et Alphabet.

Peut-on investir dans l’IA avec un CELI ou un REER?

Oui. Les actions et FNB admissibles peuvent généralement être détenus dans un CELI ou un REER. L’admissibilité dépend notamment du titre et du compte utilisé.

Est-ce risqué d’acheter des actions Nvidia ou Palantir?

Oui. Même les entreprises qui bénéficient de la croissance de l’IA peuvent subir de fortes baisses boursières. Les valorisations et le risque de concentration doivent être considérés

L’IA est-elle une bulle comme Internet en 2000?

Certaines ressemblances existent dans l’enthousiasme des investisseurs. Cependant, les entreprises, leurs revenus et les conditions économiques diffèrent. Il est impossible de prévoir que les deux périodes auront le même résultat.

Faut-il acheter un FNB d’IA si on possède déjà XEQT ou VT?

Pas nécessairement. Ces FNB détiennent déjà plusieurs entreprises liées à l’IA. Ajouter un fonds spécialisé pourrait surtout augmenter la concentration dans les mêmes sociétés.

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Par Retraite 101

Je suis le fondateur de Retraite101.com, un site que j’ai créé pour aider les Québécoises et Québécois à prendre leurs finances personnelles en main. Aujourd'hui, Retraite101 rejoint plus de 350 000 visiteurs chaque année et compte plus de 50 000 abonnés sur les réseaux sociaux.

4 commentaires

  1. Quel article étoffé !
    Merci Vincent pour ce travail rigoureux qui donne une vue d’ensemble de l’univers de l’IA avec aussi beaucoup de détails instructifs et une analyse extrêmement pertinente. Je garde aussi le cap sur XEQT

    1. Merci beaucoup, Céline.
      Honnêtement, c’est parfois le genre d’article que j’écris pour moi-même… Car, malgré ma grande discipline en investissement, je ressens moi aussi le FOMO en voyant les rendements ahurissants de certains secteurs ou certaines actions. Ceci m’aide donc à prendre un pas de recul, à réfléchir, etc.
      En espérant en aider d’autres à poursuivre cette réflexion… 🙂
      Bon weekend,
      R101

    1. Merci beaucoup, Mario.
      C’est vraiment difficile à estimer, compte tenu des facteurs expliqués dans l’article. Qu’est-ce qu’une entreprise d’IA? Faut-il compter uniquement les fabricants de puces? Doit-on inclure Microsoft, Alphabet et Meta? Doit-on inclure les entreprises qui utilisent l’IA dans leurs activités?
      Comment calculer la proportion d’IA dans une entreprise qui exercent des activités liées à l’IA sans en tirer la totalité de leurs revenus?
      Par exemple, c’est plus simple à estimer pour Nvidia, AMD et Micron que pour Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta… Si j’avais à mettre un chiffre, basé sur rien d’autre que mon opinion personnelle (c.-à-d. aucune recherche/études autres que mes lectures pour cet article), je dirais probablement 15-20 %. Peut-être plus…

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