Dernière mise à jour : 1 février 2026
Un lecteur m’a récemment posé une excellente question concernant le RREGOP : rente différée ou CRI. Il quitte la fonction publique et se demande quoi faire avec les droits accumulés dans son régime de retraite.
Doit-il laisser sa rente dans le régime et recevoir une rente différée plus tard? Ou transférer la valeur actuarielle dans un CRI et investir lui-même les sommes?
À première vue, la décision semble technique. En réalité, c’est un choix stratégique qui peut influencer votre sécurité financière, votre flexibilité et même votre planification successorale.
Dans cet article, je vous explique clairement les différences, les risques et les éléments à analyser avant de prendre une décision.
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Dans cet article :
- RREGOP : rente différée ou CRI ? Question d’un lecteur
- RREGOP : choisir entre rente différée ou CRI
- Rente différée ou CRI : quel choix selon votre profil ?
- Ouvrir un CRI : étapes et options
- Conclusion
👉 P.S. Retrouvez les articles similaires dans la page « Questions des lecteurs ».
RREGOP : rente différée ou CRI ? Question d’un lecteur
J’ai travaillé dans le réseau de la santé durant 8 ans et cotisé au RREGOP. Je ne travaille plus dans le réseau depuis 2 ans. Je ne me suis jamais questionné avant sur ces fonds, car tout le monde me disait que j’y aurais droit à 65 ans. Mais selon mes lectures, j’ai l’impression que ce montant sera simplement indexé, donc un maximum de 2 % par année peut-être. J’imagine qu’il est plus rentable de le transférer dans un CRI pour ensuite l’investir en FNB.
Donc, si l’on a travaillé quelques années chez un employeur public et cotisé au RREGOP, mais qu’on n’y travaille plus. Est-ce généralement plus rentable de transférer ces fonds vers un CRI ou plutôt de les laisser et obtenir ce qu’ils appellent une « rente différée »?
RREGOP : choisir entre rente différée ou CRI
Effectivement, lorsqu’une personne quitte un emploi dans le secteur public après avoir cotisé au RREGOP, elle doit prendre une décision importante concernant ses droits accumulés.
Plusieurs options sont possibles.
D’abord, vous pouvez laisser vos sommes dans le régime et recevoir une rente différée à partir de 65 ans.
Ensuite, si vous êtes admissible à la retraite, vous pouvez demander une rente immédiate. Elle sera sans pénalité à 65 ans ou plus. Entre 55 et 65 ans, une réduction actuarielle s’applique, soit 0,5 % par mois, donc 6 % par année d’anticipation.
Finalement, vous pouvez choisir de transférer la valeur actuarielle de votre rente dans un compte de retraite immobilisé, soit un CRI, ou directement dans un fonds de revenu viager, un FRV.
La plupart de ces options sont détaillées dans votre relevé annuel du régime, avec les montants correspondants. Toutefois, le transfert vers un CRI nécessite souvent une analyse plus approfondie, car il transforme une rente garantie en capital investi.
Le compte de retraite immobilisé (CRI) est un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) particulier, dans lequel une personne peut transférer les sommes provenant de son régime complémentaire de retraite ou de son fonds de revenu viager (FRV). À la différence d’un REER, l’argent contenu dans un CRI est immobilisé, car il doit servir à procurer un revenu à la retraite. Cet argent ne peut donc pas être retiré, sauf dans certaines circonstances où un remboursement est permis. (source : Retraite Québec)
Rente différée ou CRI : quel choix selon votre profil ?
Il n’existe pas de réponse universelle.
Le choix entre la rente différée du RREGOP et le transfert dans un CRI dépend de plusieurs facteurs. Votre âge, votre horizon de placement, votre tolérance au risque et votre situation familiale influencent directement la décision.
Analysons les éléments clés.
Rendement potentiel
Si vous êtes encore loin de la retraite, le transfert vers un CRI peut parfois être avantageux.
Pourquoi?
Parce qu’un horizon de placement plus long permet généralement d’adopter une allocation d’actifs plus dynamique. Historiquement, une plus grande exposition aux actions a offert un rendement supérieur à long terme, bien que rien ne soit garanti.
Autrement dit, plus vous avez de temps devant vous, plus vous pouvez absorber la volatilité des marchés.
Cela dit, le rendement futur demeure incertain.
La rente différée, elle, repose sur des hypothèses actuarielles prudentes. Pour battre cette rente, votre portefeuille devra générer un rendement suffisant, après frais et impôts.
Ce n’est donc pas seulement une question de performance. C’est une question de probabilité et de discipline.
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Rente différée : avantages du revenu garanti
La rente différée offre un avantage majeur : un revenu garanti à vie.
Vous éliminez ainsi le risque de marché et le risque de longévité. Peu importe la performance des marchés ou la durée de votre vie, la rente sera versée.
Cette garantie a toutefois un coût implicite.
En effet, si vous vouliez reproduire cette sécurité par vous-même, vous devriez acheter une rente viagère auprès d’un assureur. Et le prix ne serait pas équivalent dollar pour dollar avec le capital disponible.
Autrement dit, la rente du RREGOP intègre déjà une forme d’assurance contre l’incertitude.
Il faut donc comparer un rendement espéré à une garantie réelle.
Rente différée : protection du conjoint et succession
La rente comporte cependant des limites en matière successorale.
En général, une prestation est versée au conjoint survivant. Dans le cas du RREGOP, cette prestation correspond habituellement à 50 % ou 60 % de la rente, selon les règles applicables.
Après le décès du conjoint survivant, les versements cessent. La rente n’est pas transmise à la succession. Ainsi, en cas de décès prématuré des deux conjoints, aucun capital résiduel n’est versé aux héritiers.
À l’inverse, avec un CRI autogéré, le solde restant au décès est transmis au conjoint ou à la succession. Cela offre une plus grande flexibilité en planification successorale.
Conseil financier : parler à un expert avant de décider
En résumé, la décision entre rente différée et CRI ne devrait pas être prise à la légère.
D’un côté, la rente offre stabilité et simplicité.
De l’autre, le CRI offre flexibilité et potentiel de rendement.
Avant de transférer votre RREGOP dans un CRI, prenez le temps d’analyser les chiffres. Une projection personnalisée peut révéler des éléments que vous n’aviez pas considérés.
Dans plusieurs cas, une rencontre avec un planificateur financier indépendant peut vous aider à valider votre réflexion et à aligner votre décision avec votre stratégie globale de retraite.
Ouvrir un CRI : étapes et options
Si vous choisissez de transférer la valeur actuarielle de votre RREGOP, vous devrez ouvrir un compte de retraite immobilisé, soit un CRI.
Plusieurs options s’offrent à vous.
Vous pouvez ouvrir un CRI auprès d’une institution financière traditionnelle, d’une compagnie d’assurance, d’un conseiller indépendant ou sur une plateforme de courtage en ligne en autogestion.
Le choix dépend principalement de votre niveau d’autonomie et de vos connaissances en investissement.
Si vous optez pour l’autogestion, vous devrez bâtir vous-même votre stratégie de placement. Par exemple, vous pourriez investir dans un FNB d’allocations d’actifs correspondant à votre profil d’investisseur. Ce type de FNB regroupe actions et obligations dans un seul produit, selon un niveau de risque prédéterminé.
Avant de choisir une plateforme, comparez les frais, les outils disponibles et la simplicité d’utilisation. Consultez mon comparatif des meilleures plateformes de courtage ici :
À LIRE :
- Les meilleures plateformes de courtage en ligne
- FNB de répartition d’actifs : investir simplement avec un FNB tout-en-un
Conclusion
Voilà l’essentiel de ma réponse au lecteur qui se demandait s’il est préférable de choisir la rente différée ou de transférer les sommes dans un CRI lorsqu’on quitte un emploi dans la fonction publique et qu’on a cotisé au RREGOP.
Comme vous l’avez vu, il ne s’agit pas simplement d’un choix administratif. C’est une décision financière majeure qui implique un arbitrage entre sécurité garantie et potentiel de rendement.
D’un côté, la rente différée offre stabilité et protection contre la longévité. De l’autre, le CRI offre flexibilité, contrôle et possibilités successorales.
Avant de prendre une décision irréversible, prenez le temps d’analyser votre situation globale, vos autres sources de revenus à la retraite et votre tolérance au risque.
👉 Qu’en pensez-vous? Écrivez dans la zone « commentaires » ci-dessous.
FAQ – RREGOP : Rente différée ou CRI
Il n’existe pas de réponse universelle. La rente différée offre un revenu garanti à vie. Le CRI offre plus de flexibilité, mais avec du risque.
Non. La valeur actuarielle doit être transférée dans un CRI, car les sommes provenant du RREGOP sont immobilisées par la loi.
Oui. L’indexation dépend des années de service et des règles du régime. Elle est partielle pour certaines périodes de cotisation.
À la retraite, le CRI doit être converti en FRV. Vous pourrez alors retirer un revenu annuel, selon les limites légales.
Oui. Avec un CRI, vous assumez le risque de marché et de longévité. La rente différée, elle, est garantie à vie.
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Avertissement : Ce contenu est fourni à des fins éducatives et informatives. Je ne suis pas un conseiller autorisé. Avant de prendre une décision financière, consultez un professionnel qualifié. Consultez ma page Transparence pour tous les détails.





Salut Vincent,
Tu as oublié le choix de faire affaire avec un représentant en épargne collective pour ouvrir un CRI !
Tu as raison sur le fond et je suis d’accord sur le fait que plus on est loin de la retraite, plus c’est intéressant de transférer sa pension en CRI…. mais c’est quoi « loin » ? Il faut considérer aussi l’espérance de vie car la beauté de la pension c’est quand même de donner une pension à vie ! (enfin quand il reste des fonds mais ça c’est une autre histoire)
Personnellement, je ne fait pas de recommandation que je ne puisse prouver avec des chiffres alors j’ai fait un petit fichier Excel (tu me connais, j’adore Excel) me permettant de faire des comparatifs pour mes clients.
C’est toujours bon de faire des choix en toute connaissance de cause !
Au plaisir,
Julie
Salut Julie,
Je n’ai pas mentionné explicitement « représentant en épargne collective » ou les autres professionnels de la finance. J’ai simplement mentionné que le CRI peut être ouvert « avec une institution financière, une compagnie d’assurance, une plateforme de courtage (autogestion) ou un conseiller indépendant ». Sinon, j’ai lié mon article qui explique les différents professionnels de la finance (conseiller en sécurité financière, représentant en épargne collective, conseiller en placement, planificateur financier, etc.) : https://retraite101.com/comment-choisir-un-bon-conseiller-financier/
Effectivement, j’ai été assez rapidement avec ma réponse, car c’est souvent du cas par cas (et je ne veux pas donner de conseil financier). Par contre, j’aurais pu mentionner les « lignes générales » et les avantages/désavantages de chacune des options (pas seulement aborder l’aspect « rendement »). Bref, je viens d’ajouter deux paragraphes dans mon cas, pour être plus clair, et surtout, plus objectif.
Merci de m’avoir fait travailler un peu plus sur cet article! 🙂 🙂 🙂
Bon week-end et à bientôt (au prochain événement de Youssef sur la liberté financière?)
-Vincent
Hey, ce n’était vraiment pas une critique !!! Je trouve ça vraiment cool déjà de juste porter à l’attention du public que c’est possible de transférer son RREGOP et que ça peut être avantageux. Malheureusement, beaucoup de personnes ne sont pas au courant.
(bon me semble que quand je l’ai lu il n’y avait pas « ou un conseiller indépendant » )
Sinon, oui, j’aimerai ça être exposante au prochain évènement sur la liberté financière (et t’y avoir cette fois-ci ) mais je n’ai pas encore eu de nouvelles de Youssef
À bientôt,
Julie
Aucun problème, Julie. Tu fais bien de l’avoir mentionné! 🙂 En plus, avec ton commentaire, tu m’as fait retravailler mon article Q&A et ajouter des informations. Alors, c’est très bien ainsi. Merci beaucoup et à bientôt.
Il a aussi l’impact s’il y a un décès prématuré.
Le CRI appartiendra à la succession / héritier tandis que le REGOP sera transféré au conjoint survivant et payable durant 10 ans MAIS s’il n’a pas de conjoint, rien n’ira aux enfants survivants!!!
Le transfère de patrimoine n’est pas a négliger dans notre décision 🙂
Bonjour Mr Gustave,
Vous avez raison! D’ailleurs, c’est assurément un des éléments les plus importants (à mon avis) de vouloir gérer soi-même son fonds de retraite plutôt que de demander une rente de retraite. Certes, il y a des avantages et désavantages pour chacune des options. Mais, à mon avis, la totalité des cotisations versées au régime de retraite pendant plusieurs décennies doit revenir, d’une façon ou d’une autre, au conjoint, aux enfants ou aux héritiers (à la succession).
Bonne semaine et au plaisir,
R101
Bonjour Vincent,
j’ai une question concernant le RREGOP. j’ai 53 ans, et je fais ma demande pour sortir mon RREGOP et l’investir pour ma retraite. je ne travaille plus pour le Gouvernement depuis plus de 5 ans. Je me demande si j’investie en immobilier si je vais devoir payer l’impot sur le montant que je veux me servir pour acheter un immeuble ?
Bonjour Denis,
Les sommes accumulées dans votre régime (un montant unique correspondant à la valeur actuarielle de votre rente différée) devront être transférées dans un compte de retraite immobilisé (CRI). Les sommes seront alors « immobilisées » jusqu’à la retraite (vous devrez alors transférer les sommes de votre CRI vers un FRV).
Cependant, si la valeur actuarielle de votre rente différée dépasse la valeur maximale transférable (selon les limites fiscales établies par la Loi de l’impôt sur le revenu), alors il y aura un montant excédentaire. Ce montant sera versé par chèque une fois que les retenues d’impôt ont été prélevées. Ce montant net d’impôt peut être utilisé en partie ou en totalité selon vos objectifs. Vous pourriez aussi décider de cotiser ce montant excédentaire dans votre REER, selon l’espace REER dont vous disposez, pour récupérer une partie des impôts prélevés à la source.
Dans votre cas, pour investir en immobilier, vous pourriez (exemple) cotiser le montant excédentaire dans votre REER, puis effectuer un RAP (jusqu’à concurrence de 35 000 $) si vous êtes admissible.
Je vous recommande de rencontrer un professionnel de la finance pour discuter des options possibles selon votre situation personnelle/financière et vos objectifs.
Au plaisir,
R101
Bonjour,
On dirait que seule une partie des informations concernant la conversion RREGOP en CRI est publique. Par exemple, l’information qu’il y ait habituellement la possibilité de transférer en REER un montant de la conversion RREGOP en CRI n’est référencée nulle part sur le Web, sauf ici. D’où vient le « habituellement », pourquoi cela est-il offert, quelles sont les règles claires quant à la hauteur de ce montant ? Sur le site de banque nationale, il est mention que l’on peut sortir ses montants du CRI avant la retraite, mais que c’est compliqué. Je veux bien, mais si c’est possible, pourquoi ne pas en exposer les règles. Est-ce qu’il y a un document qui donne 100% des règles autour de la conversion RREGOP en CRI et CRI en REER ?
Bonjour Hugo,
Malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’informations publiques disponibles concernant le RREGOP. Que ce soit pour la formule et les variables du calcul de la valeur actuarielle de la rente différée, le transfert des sommes accumulées dans un compte de retraite immobilisé, etc. Par exemple, les taux d’intérêt font partie de la formule (pour calculer la VF ou la VA), mais ce n’est expliqué nulle part…
Il y a quand même quelques informations disponibles sur le site Web de Retraite Québec, mais elles sont assez sommaires (source).
J’ai écrit le mot « habituellement », car ça dépend si vous avez un montant excédentaire ou non. D’ailleurs, je viens de modifier ma réponse précédente (à Denis), car j’allais directement au but sans expliquer les détails… Je viens donc d’ajouter quelques phrases pour expliquer que le montant excédentaire (pouvant être transféré dans un REER) correspond au montant de la « valeur actuarielle de la rente différée » qui dépasse la « valeur maximale transférable » (selon les limites fiscales établies par la Loi de l’impôt sur le revenu).
Concernant les montants qui peuvent être désimmobilisés d’un CRI, c’est effectivement très compliqué. Vous devriez consulter un fiscaliste ou un planificateur financier (Pl. Fin.). Cependant, il y a une bonne nouvelle… Il y a des modifications qui devraient être adoptées sous peu concernant les règles d’immobilisation (source). À suivre…
Au plaisir,
R101
Un élément n’a pas été mentionné dans votre article et pourtant il est très important. La personne qui retire les sommes accumulées dans son RREGOP elle va retirer uniquement ses cotisations plus les rendements sur ses cotisations. Ainsi la personne va perdre les cotisations de l’employeur ainsi que le rendement sur les cotisations de l’employeur. Considérant que le RREGOP est un régime 50-50, donc que la moitié des cotisations sont faites par l’employeur une personne qui souhaiterait le transférer dans un CRI serait drôlement perdante.
Bonjour Robin,
Si l’employé a plus de 2 années de service, les cotisations de l’employeur au RREGOP ne sont pas « perdues ».
Voici un copier-coller de la documentation :
Bonne journée,
R101